Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Une Ecole des Cadets de la Police,pour augmenter le recrutement bruxellois et ainsi améliorer la performance de la police de proximité.

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Après avoir marqué son intérêt pour ce type de préformation, dénommée par Marion Lemesre, à l’instar des Cadets de la République, « Ecole des Cadets de la Police » en Commission de l’Intérieur ce jeudi 26 avril, Charles Picqué a redit, dans le débat en séance plénière consacré à la sécurité à la STIB,  ce vendredi 27 avril, n’être pas opposé à une réforme (régionalisation) de l’ERIP. Une piste à suivre donc…

 Une Ecole des Cadets de la Police placerait le candidat policier dans une formation-immersion, c’est-à-dire qu’il effectuerait celle-ci dans un milieu scolaire policier, comme celui d’une école de police, offrant du coup au candidat plus de chances de réussir le test de sélection. Ce raisonnement, émit par Marion Lemesre, a été accueilli plutôt favorablement par Charles Picqué, vu « l’échec de l’expérience de la 7e année d’enseignement technique consacrée aux métiers de police (…) et dans le cadre des prochaines compétences régionales qui permettront aussi à Bruxelles de mieux s’impliquer dans le recrutement policier (…) et, pourquoi pas, dans le cadre d’une régionalisation de l’ERIP, justifiée par la spécificité bruxelloise » a aussi reconnu le Ministre-Président.

Alors qu’elle compte six zones bruxelloises en manque d’effectifs, la police éprouve énormément de mal à recruter. Selon de récentes déclarations du Ministre-Président Charles Picqué, 12.000 candidats en moyenne se présentent chaque année aux épreuves mais le taux de réussite oscille seulement entre 10 et 16%, les aptitudes cognitives éliminant en général 45% des postulants, tout comme l’épreuve de personnalité. Toujours selon ces déclarations récentes, seuls 8% des candidats policiers sont Bruxellois. Au bout du compte, la commission de sélection ne conserverait que 60% des futurs policiers…

En commentant ce constat, le Ministre Président bruxellois a déjà lancé l’idée de consacrer de nouveaux moyens financiers afin de mieux préparer les futures forces de l’ordre aux épreuves de recrutement en renforçant, par exemple, la 7e année d’enseignement technique aux métiers de la sécurité. Cette piste peut sembler intéressante, mais risque de se révéler insuffisante en regard des carences révélées, en particulier imputables aux aptitudes cognitives et à l’épreuve de personnalité des jeunes candidats policiers.

Un constat qui révèle surtout une nécessité de placer le candidat policier dans une formation-immersion, c’est-à-dire effectuée de fait dans un milieu scolaire policier comme celui d’une école de police. D’où l’idée d’une Ecole des Cadets de la Police à Bruxelles, calquée sur celle des Cadets de la République en France. Une suggestion que Marion Lemesre avait déjà mise sur le tapis en mars 2006, après notamment avoir visité celle de Roubaix. ( Le Soir – 15 mars 2006)

Avant la réforme des polices, le cadre de recrutement était fixé, financé et organisé par les communes, ce qui favorisait le recrutement local, mais pour lequel chaque commune contribuait. Aujourd’hui, fixé, financé et organisé par le Fédéral, mais exécuté par des écoles indépendantes de la police fédérale, il est important, notamment par une préformation au recrutement, d’en améliorer l’ancrage local et d’aider les jeunes qui ont la vocation du métier mais qui ont des faiblesses ne leur permettant pas de passer les épreuves de sélection. Dans le cadre du futur plan stratégique régional (l’une des avancées de la dernière réforme de l’Etat encore à concrétiser), la Région bruxelloise est, entre-temps, devenue « un acteur de la sécurité ». En sa futur qualité d’acteur de sécurité, donc, l’une de ses premières actions devrait, précisément, se concentrer sur ce problème de sous-effectif par le redéploiement indispensable de l’ERIP avec l’objectif d’améliorer son ancrage bruxellois en termes d’accès à la formation et à l’emploi des métiers de police.

La Région de Bruxelles-Capitale intervient dans le financement de l’ERIP à concurrence de 250.000 € (tel qu’inscrit au budget  2012). En tant que membre de l’ERIP et en tant que pouvoir subsidiant, le Gouvernement a donc l’obligation non seulement de contrôler la bonne utilisation de ses subsides mais de plus, a la faculté d’impulser des politiques nouvelles en vue d’optimaliser le niveau de formation, en tenant compte des besoins spécifiques bruxellois. Et vu sous cet angle le modèle français est exportable, en tous les cas, le principe de la préformation l’est car, avec nos moins de 10% de taux de réussite, la Région passe à côté de tout une série de candidats valables et de talents.

Le métier de policier n’est malheureusement pas toujours un premier choix mais plutôt une candidature par défaut. Le système de recrutement français étant plus proactif, celui-ci permet d’attirer des candidats dont c’est le premier choix.  Ainsi, ce qui est ici essentiel, c’est la démarche à l’offre de préformation pour mieux faire connaître le métier et permettre d’y avoir accès. D’autant que, toujours selon le modèle français, l’obtention d’un diplôme n’est pas nécessaire pour s’inscrire à la formation préparatoire à l’examen de sélection.

Le cadre d’emploi des cadets de la police a été créé en France par un décret du 23 décembre 2004. L’objectif de cette réforme était clairement de favoriser la promotion de l’égalité des chances dans le recrutement au sein de la police nationale en facilitant l’accès aux métiers de la police, ainsi que l’insertion sociale et professionnelle de jeunes de toutes origines, et particulièrement ceux des quartiers défavorisés. Le dispositif, qui s’est mis en place en 2005, concerne chaque année quelque 1.000 jeunes de 18 à 26 ans. Un seul recrutement annuel est prévu, la formation débutant lors de chaque rentrée scolaire. Les candidats doivent satisfaire aux conditions de recrutement imposées à tout candidat à l’emploi d’adjoint de sécurité : être âgé de 18 ans à 26 ans, mesurer au moins 1,60 m, remplir les conditions d’aptitude physique requises et satisfaire aux conditions de moralité exigées des personnels de la police nationale. Aucune condition de diplôme n’est par contre exigée.

 La formation des cadets de la police est d’une durée de 12 mois et comporte une période d’essai de trois mois. La formation repose sur l’alternance entre une formation dans une structure de la police nationale, trois séquences de stages en services opérationnels de police et de 300 à 400 heures d’enseignement général dans un établissement relevant de l’éducation nationale. Pendant l’année de formation, les jeunes gens ou jeunes filles recrutés au titre de ce nouveau dispositif se voient conférer l’appellation de « Cadets de la République – Option Police nationale ».  Ils perçoivent par ailleurs une allocation d’études. Durant leur scolarité, les cadets doivent se conformer au règlement intérieur de la structure de formation à laquelle ils sont rattachés, mais également aux règles déontologiques s’imposant aux adjoints de sécurité, et plus généralement à l’ensemble des personnels de la police nationale. À l’issue de leur formation professionnelle, les cadets poursuivent leur contrat par une affectation en qualité d’adjoint de sécurité dans un service de police du département où ils ont élu domicile, en attendant les résultats du concours et, au minimum, jusqu’à leur incorporation en école de police en qualité d’élèves gardiens de la paix. À défaut de réussite au concours de gardien de la paix, ils poursuivent leur contrat d’adjoint de sécurité jusqu’à son terme.

 Adapter un tel système au sein de l’ERIP permettrait d’augmenter le recrutement bruxellois et améliorerait ainsi la performance de la police de proximité tout en répondant au souci permanent d’une meilleure mise à l’emploi des jeunes Bruxellois. Pour ses nouvelles compétences régionales de police, le Gouvernement fédéral va attribuer 30 millions d’euros supplémentaires à la Région bruxelloise. Pour Marion Lemesre, il serait opportun de consacrer une part de ces nouveaux budgets, pour créer l’Ecole des Cadets de l’ERIP. Tout comme l’Ecole des Cadets de Roubaix travaille avec le lycée professionnel de la ville, la Région pourrait établir des collaborations entre l’école des cadets de l’ERIP et des écoles bruxelloises afin d’enseigner des matières de base comme le français, le néerlandais ou la géographie. La création d’une Ecole des Cadets de la Police au sein de l’ERIP mènera peut-être aussi à celle d’une régionalisation pure et simple de l’ERIP, et ceci, dans la droite ligne d’une volonté politique affirmée d’améliorer la police de proximité.

 

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