Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Rétablir le fil conducteur du Projet Pédagogique des Ecoles de la Ville de Bruxelles

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(Remarque préliminaire : Dans le cadre d’un programme communal, les propositions du MR se concentrent sur l’enseignement communal mais sont applicables à toutes les écoles dans le respect de l’autonomie des réseaux.)

 

L’Enseignement – Une mission capitale de la Ville de Bruxelles

Dès le milieu du 19ème siècle, avant même l’instauration de l’instruction publique obligatoire, bourgmestres et échevins de l’instruction publique de Bruxelles (TOUS LIBERAUX !), conscients de l’enjeu que revêtait l’Instruction publique, pour une société civile de qualité, ont permis d’accueillir, gratuitement, un nombre toujours plus grand d’élèves dans les écoles primaires.

C’est ainsi que la Ville peut être fière aujourd’hui de posséder : plus d’une centaine de bâtiments scolaires, dont 25 écoles maternelles, 25 écoles primaires, 13 établissements secondaires, 5 écoles d’enseignement spécialisé, un Centre de formation en alternance (CEFA), une Haute Ecole supérieure (Francisco Ferrer), des sections de promotion sociale et une Académie des Beaux Arts ainsi qu’un enseignement primaire et secondaire néerlandophone.

L’organisation de l’enseignement de la ville de Bruxelles a, ces 10 dernières années, subi de nombreux bouleversements structurels – tant dans son administration que dans son cadre pédagogique – essentiellement motivés par le recrutement politisé et partisan.  La déstructuration de l’administration avec des recrutements hors cadre à des fonctions de direction, une inspection pédagogique décapitée, la caporalisation des Préfets et Directeurs d’école …  ont eu pour effet le renforcement de la main mise du politique, la relégation du pédagogique et l’introduction, outre un profond malaise, de sérieux dysfonctionnements préjudiciables au bon fonctionnement de nos établissements et, par voie de conséquence, aux élèves.

C’est ainsi que, malgré ses nombreux établissements donnant plus de chances d’accumuler de l’ancienneté en passant d’un intérim à l’autre, la pénurie d’enseignants y est encore plus importante que dans les autres Pouvoirs Organisateurs (P.O.).

C’est ainsi également que, malgré le boom démographique ne marquant ses effets que dans le fondamental, les inscriptions dans le secondaire, l’enseignement technique et professionnel ainsi que dans la Haute Ecole sont en net recul.

C’est ainsi que, il y a à peine 10 ans, les élèves issus des écoles de la Ville de Bruxelles se situaient sur le podium des réussites en première session à l’ULB et qu’aujourd’hui il faut aller jusque dans les 15 premiers classés pour encore y trouver un établissement scolaire de la Ville.

C’est ainsi que, pour l’avenir des écoles de notre P.O., il nous paraît urgent de réfléchir ensemble à une stratégie politique qui permettrait de garantir une réelle mixité sociale, telle qu’elle existait dans la plupart de nos établissements scolaires avant l’application des funestes «décrets inscriptions», il y a cinq ans encore.  Car de toute évidence, une absence de réaction politique des défenseurs de l’enseignement officiel en général, et de notre P.O. en particulier, ne pourra déboucher que sur une dualisation profonde et durable du système scolaire à Bruxelles, avec des écoles libres (catholiques essentiellement) fréquentées par la classe moyenne et les milieux aisés, et des écoles publiques pour les familles socio-économiquement moins favorisées, essentiellement de culture musulmane.

Le MR veut instaurer une nouvelle dynamique qui rétablira le fil conducteur fort du Projet Pédagogique de la Ville de Bruxelles et soutiendra les équipes qui se préoccupent de la transmission du savoir ainsi que d’une véritable formation citoyenne des jeunes par

  1. la mise en place d’une structure d’enseignement en immersion linguistique qui permettra aux élèves de pratiquer un vrai bilinguisme ;
  2. le rétablissement de l’enfant, du jeune, au centre des préoccupations dans le cadre du projet pédagogique de chaque établissement, accessible à tout qui veut avoir accès au savoir, sans barrières socio-économiques ou culturelles, mais multiforme et répondant de façon différenciée à des attentes différentes ;
  3. une autonomie responsable garantie aux chefs d’établissements ;
  4. la mise en place de mesures permettant de remédier à la pénurie d’enseignants ;
  5. la revalorisation de l’enseignement qualifiant.

Cette nouvelle dynamique devrait renouer avec le modèle de l’enseignement de la Ville de Bruxelles, tel qu’il se définissait par son humanisme, le respect de la personne, l’enfant au centre du projet, la qualité, la cohérence, la complémentarité, la rigueur et la réussite.

 

  1. La mise en place d’une structure d’enseignement en immersion linguistique qui permettra aux élèves de pratiquer un vrai bilinguisme

Nous ne pouvons continuer à rater le train de l’immersion : privilégié par sa structure administrative bilingue, le double réseau d’enseignement de la Ville de Bruxelles, francophone et néerlandophone, est le terrain idéal pour mettre en place une structure d’enseignement en immersion linguistique.

Il est impératif de pallier au déficit de bilinguisme des jeunes qui est en corrélation directe avec les chiffres du chômage bruxellois, particulièrement dans les secteurs en contact avec un public des deux régimes linguistiques.  Force est malheureusement de constater que les jeunes francophones continuent actuellement à sortir du secondaire après 10 ans de cours de néerlandais sans pouvoir le parler !

Pour y remédier, nous prônons l’organisation d’échanges d’enseignants des deux communautés linguistiques et l’augmentation de cours dispensés dans l’autre langue nationale.  Un véritable échange de vues avec les Chefs d’établissement, l’Inspection de la Ville et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française), des représentants des équipes éducatives et des parents ainsi qu’avec l’Inspection de la Communauté flamande doit pouvoir aboutir à l’organisation d’échanges d’enseignants pour l’enseignement de certains cours dans l’autre langue nationale (sciences humaines, histoire, géographie, gymnastique …) au niveau secondaire et l’organisation de certaines activités au niveau primaire, rendant l’apprentissage linguistique plus ludique et concret.

En outre, la mise en place de « clubs de langues », fondés sur les échanges entre élèves et professeurs des écoles francophones et néerlandophones de la Ville, permettra de garantir une formation en langues plus pro-active et performante.

Il suffit de les voir dans un groupe multilingue pour constater qu’enfants et adolescents ont d’énormes facilités à assimiler des langues et que connaître une langue étrangère en facilite l’apprentissage d’autres.

 

2. Le rétablissement du jeune, au centre des préoccupations dans le cadre du projet pédagogique de chaque établissement, accessible à tout qui veut avoir accès au savoir, sans barrières socio-économiques ou culturelles,

mais multiforme et répondant de façon différenciée à des attentes différentes

pastedGraphic.pdfReplacer l’enfant et sa formation au cœur des priorités de la politique de l’Instruction Publique

« L’être humain et son bonheur priment : chaque élève doit trouver l’école qui lui permettra de se dépasser » ou tout simplement de se réaliser, c’est l’école de la réussite, définie dans le Projet Pédagogique de la Ville adopté par le Conseil communal en 1988, et toujours d’actualité.

On peut attendre d’un Pouvoir Organisateur, ici la ville de Bruxelles, qu’il fasse valoir les droits de l’enfant en ce sens auprès des instances de la Fédération Wallonie-Bruxelles en mobilisant les représentants de l’enseignement officiel subventionné : le Conseil des pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel subventionné (C.P.E.O.N.S.) pour l’enseignement secondaire ou le Conseil de l’enseignement des Communes et des Provinces (C.E.C.P.) pour l’enseignement fondamental ou spécialisé.

 

pastedGraphic_1.pdfUne école pour chaque Enfant grâce à un projet éducatif choisi

Chaque élève doit être amené au maximum de ses possibilités, doit pouvoir choisir l’établissement qui lui offre un enseignement correspondant tant à ses aptitudes qu’à ses aspirations.  Ces nécessaires conditions préalables constituent l’un des nombreux vecteurs de la réussite dont l’élève reste bien sûr le principal acteur.

Tout le monde admet que les enfants ne courent pas le cent mètres à la même vitesse, pourquoi certains font-il semblant de croire qu’il en va différemment pour d’autres apprentissages ?  L’école participe au développement harmonieux et à l’épanouissement des jeunes lorsqu’elle est choisie pour son projet éducatif et non pour sa spatialisation de proximité !

Fréquenter, parfois sous la contrainte institutionnelle, une école en fonction de sa localisation géographique modifie complètement le partenariat entre la famille et l’équipe pédagogique au point d’altérer le profil de l’école.  En conséquence, l’objectif annoncé de mixité sociale cède le pas à un phénomène inquiétant, à savoir une école-ghetto dans un quartier-ghetto.  Cette approche amène à réduire le choix éducatif des enfants et de leurs parents car toutes les filières ne sont pas accessibles dans chaque école.  La diversité entre les écoles est un atout majeur du système éducatif de la Ville.

L’enseignement de la Ville de Bruxelles, se déployant sur différents niveaux, du maternel au supérieur de type long en passant par la promotion sociale, l’enseignement spécialisé, l’enseignement artistique, offrant un potentiel de synergies entre les établissements, répondait autrefois et devrait à nouveau être en mesure de répondre aux différentes attentes de la population dans sa très grande diversité.  Une diversité qui, rappelons-le, est source de progrès et d’enrichissement.

Les projets éducatifs spécifiques doivent affiner encore plus les particularités de nos différentes écoles et les écarter, sans hésiter, de cet horrible corset qu’est la pensée unique avec un modèle unique.  Les élèves uniformes n’existent fort heureusement pas encore et il faut espérer qu’ils ne verront jamais le jour.  C’est donc par la spécificité de ses écoles que la ville doit répondre à cette diversité qui est facteur de  richesse.

L’humanisme vrai se soucie de l’humain en prenant en compte sa diversité, réalité objective et observable.

 

pastedGraphic.pdfSoutenir les initiatives pédagogiques des écoles

Afin que le volet pédagogique retrouve sa place de premier plan au sein des écoles, des fondamentaux doivent être mis en place :

pastedGraphic_2.pdf La présence et l’écoute de l’Echevin en charge pour une reconnaissance et une mise en valeur du travail de l’équipe pédagogique.

pastedGraphic_2.pdf La stabilité des équipes pédagogiques garante du développement et de la pérennisation des initiatives.

pastedGraphic_3.pdf La communication pour faire connaître le projet aux parents et aux autres équipes afin qu’ils puissent s’en inspirer en l’adaptant à leur situation.

Différents projets poursuivis par l’école peuvent contribuer à l’épanouissement de l’enfant en-dehors du cadre strict des programmes scolaires, par exemple dans la mise en place d’une politique d’éducation à la santé, au vivre ensemble ou encore une politique de soutien et d’encadrement de l’élève qui vont aider l’enfant à respecter les autres et se respecter, à se sociabiliser et s’épanouir au sein de l’école et de la société.

Certaines initiatives doivent être développées pour l’ensemble des établissements et bénéficier de la priorité et d’un large appui :

pastedGraphic_4.pdf UNE VERITABLE POLITIQUE DE SOUTIEN ET D’ENCADREMENT

L’axe sociétal de l’école est un complément indispensable à l’axe pédagogique mais ne peut, bien entendu, se développer au détriment de celui-ci.

 

Renforcement du français

On ne peut que déplorer le retard dans l’initiative de mise en place, là où le besoin s’en fait sentir, d’un programme de renforcement en français adapté aux élèves dont la maîtrise de la langue est insuffisante.

L’action doit être maximale dans l’enseignement primaire où se fixent les apprentissages de base afin que, à 12ans, un jeune puisse s’exprimer, lire et écrire correctement en français et accéder sans difficultés à l’enseignement secondaire.

Ce n’est actuellement pas le cas de nombreux jeunes sortant du cycle primaire, bien que titulaire du certificat d’études de base.  A titre transitoire, dans les deux premières années de l’enseignement secondaire, l’accent doit être mis sur une totale maîtrise de la langue française, orale et écrite, par une aisance de langage et une orthographe bien dominée.  Cette action s’adresse à tous les élèves car trop nombreux sont ceux qui ne réussissent pas dans une matière non par incompétence dans ce domaine mais parce qu’ils ne possèdent pas suffisamment la langue de l’enseignement.

 

Remédiation

La remédiation doit être organisée par le Chef d’Etablissement avec son équipe pédagogique dans chaque école – par exemple via le tutorat de l’ULB-

 

Etudes encadrées pour éviter la dispersion des subsides et parfois même les dérives de certaines écoles de devoirs

L’organisation d’études encadrées au sein des écoles, par des enseignants formés et volontaires, constitue la meilleure réponse à la nécessité d’encadrement des élèves en difficulté, notamment en matière de méthode de travail.  Il est urgent de recentrer certaines activités pédagogiques en accueillant les initiatives du tissu associatif en veillant toujours à ce qu’elles soient effectivement assumées par des responsables ayant le sens pédagogique, évitant ainsi la dispersion des subsides et les dérives de certaines écoles de devoirs.

Les enseignants qui le souhaitent doivent pourvoir assurer ces études en prestant des heures supplémentaires à charge de la Ville.  Il ne s’agit pas de donner des avantages sociaux mais bien de permettre la réussite du plus grand nombre dans le cadre du projet pédagogique de l’établissement.

 

 Apprendre à entreprendre  – Rencontrer quelqu’un pour devenir quelqu’un

Il est fondamental de développer l’envie et la capacité d’entreprendre chez tous les jeunes et de les encourager dans leurs projets que ce soit la poursuite d’études supérieures ou l’entrée rapide dans la vie active.

Plus particulièrement pour les jeunes en difficulté d’adaptation sociale, cela permettrait de changer l’opinion qu’ils ont d’eux-mêmes ainsi que le regard de la société sur eux.

Des ateliers-rencontres peuvent proposer des domaines d’animation en rapport avec l’orientation scolaire des jeunes ou au contraire leur ouvrant d’autres horizons.

L’accompagnement devrait être assuré par des entrepreneurs de moins de 35 ans, issus des mêmes quartiers que les jeunes concernés, permettant ainsi de servir d’exemple tout en étant capables de comprendre et de se faire comprendre.

 

Soutien aux élèves souffrant d’un handicap  (dyslexiques, hyperkinétiques …)

En tant que Pouvoir Organisateur, la Ville de Bruxelles doit également redévelopper un véritable programme de soutien et d’encadrement des élèves confrontés à des problèmes de dyslexie, hyperkinésie ou autres handicaps afin que chacun trouve sa place dans un enseignement qui accepte cette mixité.  Ceci implique d’agir auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour la révision des missions et des effectifs de services tels que l’IMS, CPMS, etc …

 

Soutiens financiers

La question de la gratuité de l’enseignement, démagogiquement relancée sans nuances par certains pour se donner bonne conscience, risque de poser problème dans les écoles qui tentent d’organiser un projet pédagogique cohérent tenant compte des possibilités matérielles de chaque enfant.  Ce discours réducteur est d’autant plus regrettable que la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans une circulaire assez récente, définit on ne peut plus clairement les limites de cette gratuité et précise la part financière à charge des parents.

La question des journaux de classe, manuels scolaires labellisés et études encadrées, des voyages scolaires ou des activités parascolaires, envisagée uniquement sous le prisme réducteur de la gratuité ou non, risque de détruire bien des démarches pédagogiques construites avec sérieux et sens de l’équité, avec les effets pervers de supprimer des offres pédagogiques que des mécanismes de solidarité organisés au niveau de l’école rendaient, dans les faits, gratuits pour les familles en difficulté de paiement.

 

 Redéfinition de mission des centres psycho-médico-sociaux (cpms)

Mis en place en 1960, les CPMS ont vu leurs missions croître entre 1960 et 1994 et s’amplifier depuis le Décret Mission, mais sans véritables moyens supplémentaires.

Nul n’ignore que la maltraitance, la détresse des familles monoparentales …, nettement plus visibles qu’autrefois ont un impact négatif sur l’évolution scolaire des élèves.  Les services pour traiter ces problématiques existent (IMS, CPMS, médiation scolaire, collaboration avec le Service d’Aide à la Jeunesse ou les services police/famille) mais leurs missions doivent être redéfinies et l’encadrement recalculé pour pouvoir faire face aux besoins de notre société contemporaine.

Dans le cadre du projet éducatif de l’école, piloté par un chef d’établissement plus autonome, il conviendrait d’examiner la faisabilité d’un service CPMS par établissement, en tous les cas pour les grands ensembles de 1000 élèves.

 

pastedGraphic_5.pdf UNE VERITABLE POLITIQUE D’EDUCATION A LA SANTE 

Une cuisine par école = un outil pédagogique pour l’apprentissage du goût

Il faut compléter l’action des parents et apprendre aux enfants à « bien manger » et ne plus se contenter de les « nourrir » comme c’est le cas actuellement avec les repas servis par les Cuisines Bruxelloises (en chute de plus de 10%) qui rencontrent des critiques sévères du côté des enfants, des parents et même des cuisiniers.

Ce  n’est pas par des décisions politiques imposées aux écoles, sans intégration dans un projet-santé rencontrant les aspirations des élèves et de la communauté scolaire, en débranchant des distributeurs de sodas, en installant des « fontaines » (en panne, faute de maintenance), en créant « un comité diététique » sous le contrôle des « cuisines bruxelloises », que l’on peut agir sur le comportement alimentaire des enfants et développer le « mieux manger » pour « mieux vivre ».

Le projet « Santé – Alimentation saine »  passe par le rétablissement d’une cuisine par école avec une vraie éducation à la préparation de repas de qualité.

Une véritable éducation à la santé repose sur une certaine forme de séduction.  Les réfectoires, trop souvent tristes et peu soignés, parfois d’une exiguïté qui impose plusieurs services réduisant le temps accordé aux repas, doivent être des lieux accueillants où règne un climat de détente.

Entretien et hygiène de certains lieux

Des lieux propres et accueillants engendrent beaucoup moins souvent vandalisme et malpropreté.  De plus, vu le taux de fréquentation par une population en croissance constante, l’usure est incontournable.  Il convient d’établir, en priorité, un plan qui prévoit une réfection régulière des locaux et du matériel usagé.

Il est, par exemple, urgent de veiller à la rénovation et à la modernisation des sanitaires en général tant pour des raisons d’hygiène que pour des raisons d’économie.  Il est difficile pour les équipes pédagogiques de mettre en œuvre une éducation citoyenne quand les élèves peuvent observer au quotidien un gaspillage sans nom de l’eau.  Cette rénovation large doit viser à rendre performantes et ENTRETENUES les toilettes, les lave-mains, mais aussi les fontaines d’eau.

Doter toutes les écoles, non seulement de gymnases en suffisance pour garantir l’organisation des cours d’éducation physique en parallèle des filles et des garçons, mais également de sanitaires permettant de prendre une douche après avoir fait du sport.  Cela aussi fait partie de l’éducation à l’hygiène.

 

pastedGraphic_5.pdf UNE VERITABLE POLITIQUE D’EDUCATION AU VIVRE ENSEMBLE 

L’école n’est pas seulement un lieu où l’on dispense le savoir, c’est un tout éducatif où le respect de règles de discipline, ou plutôt de règles de vie en collectivité, est essentiel à la construction d’un comportement individuel intégré dans un ensemble. L’école doit assurer la formation à la « Citoyenneté responsable » et à « l’Education civique »  ainsi que la sensibilisation des parents à cette « Education civique ».

Cours de récréation, réfectoires, salles d’études doivent être des lieux de convivialité, bases matérielles indispensables pour développer le processus de sociabilisation de l’enfant et intervenir dans la prévention de la violence, le développement d’une alimentation saine, le développement d’une méthode de travail, la découverte du bien-être (lutte contre les assuétudes).

Rencontres et visites doivent permettre à l’enfant de s’ouvrir sur des questionnements extra-scolaires par le biais de la culture, de l’actualité et de la mémoire.

Le chef d’établissement doit pouvoir prendre les mesures de discipline et prévention de la violence renforçant la crédibilité des équipes éducatives et du projet pédagogique qu’elles portent, sans ingérence du politique.

Les auxiliaires d’éducation doivent être sélectionnés pour leur compétence et recrutés en fonction du projet de l’établissement et non faire l’objet de désignation politique.

Les médiateurs scolaires doivent être, comme auparavant, recrutés par l’Instruction Publique en concertation avec les chefs d’établissements et non par une asbl, soit-elle de prévention et sécurité.

 

3.  Une autonomie responsable garantie aux chefs d’établissements

 

pastedGraphic_1.pdf Garantir l’autonomie des chefs d’établissement

Durant ces dix dernières années, la volonté politique a visé à la centralisation au détriment de l’autonomie des Chefs d’Etablissements qui ont été véritablement caporalisés.

Pour instaurer dans le département de l’Instruction Publique de la Ville de Bruxelles, un mode de fonctionnement correct, les responsables aux différents niveaux doivent pouvoir exercer l’autonomie qui permet la mise en œuvre d’une politique de développement pédagogique à long terme, prenant en compte l’épanouissement personnel des enfants.

Dans ce contexte, il est essentiel que le chef d’établissement soit vraiment un responsable disposant d’une large autonomie, même si celle-ci est légitimement limitée et contrôlée.

Ainsi, doit-il être responsable du recrutement des médiateurs scolaires et auxiliaires d’éducation de son école ainsi que de son personnel administratif. Il doit être associé au recrutement des enseignants et à l’élaboration des plans de formation de ceux-ci. Actuellement, des enseignants sont désignés et prennent leurs fonctions sans avoir eu un seul contact avec le Chef d’école tandis que des plans de formation, des «coachings» sont décidés par le Directeur Général sans concertation et donc souvent fort éloignés des besoins.

Le Chef d’Etablissement doit participer à la rédaction du Règlement d’ordre intérieur et du contrat pédagogique de son établissement. Sous le contrôle des services financiers de la Ville, il doit pouvoir piloter les ressources financières de son établissement, les frais scolaires et menus débours, facilitant le processus de décision et permettant des choix de projets pédagogiques adaptés.

Cette autonomie, importante pour la mise en œuvre du projet pédagogique et éducatif de l’établissement avec l’équipe pédagogique, devrait également faciliter l’accès à des fonds spéciaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles (moyens supplémentaires pour l’équipement ou des projets culturels).  Actuellement, l’accès à ces moyens fait l’objet de contraintes internes au Pouvoir Organisateur qui ont un impact dissuasif.

Pour que la pédagogie soit au centre des préoccupations de la direction, il convient d’en diminuer les charges administratives et logistiques ou, au moins, lui octroyer l’aide suffisante.  Il serait logique que le personnel administratif (secrétaires, correspondants-comptables, …) soit désigné par l’administration sur proposition du chef d’établissement, et non de manière uniquement politique.

 

 

  • Des parents partenaires du projet pédagogique de l’école

Pour instaurer une relation de confiance réciproque, les responsables politiques et éducatifs ont le devoir de décliner de manière claire et précise le projet pédagogique de la Ville et le projet éducatif de l’établissement scolaire.

L’équipe pédagogique de l’école pourra ainsi construire le véritable partenariat entre les parents garants de l’éducation et l’école garante de l’instruction.

Une démarche pro-active de l’école à l’égard des parents dans le milieu familial doit être réalisée, chaque fois que c’est possible, en vue de renforcer le suivi scolaire des enfants.

De même, les parents qui n’ont pas la maîtrise suffisante de la langue française, pour communiquer avec l’équipe pédagogique, doivent avoir accès à une formation répondant à cette carence.

 

pastedGraphic.pdf Rénover et entretenir les écoles

Le patrimoine architectural scolaire vieillissant qui, vu sa place dans l’histoire de l’enseignement en général et sa valeur architecturale, DOIT être préservé mais aussi adapté aux nécessités du 21ème siècle. Les rénovations lourdes et structurelles doivent faire l’objet d’un échéancier précis et être budgétisées sur plusieurs années, il serait donc utile, afin de ne pas perturber la vie de l’école pendant les travaux lourds, de prévoir une école de « transit » qui accueille les élèves pendant la durée du chantier, ce qui permettra d’en diminuer la durée.

Le budget, par école, prévu pour le financement des petites réparations et de l’entretien doit être estimé en fonction de l’état de l’établissement et non calculé sur le nombre d’élèves de l’année précédente.

La violence et le vandalisme se développent plus facilement dans des lieux sales, abîmés et désolants.  L’école est un outil pédagogique en soi et la méthode de travail nécessite des conditions matérielles paisibles pour garantir la concentration nécessaire.

Les jeunes respecteront davantage les bâtiments, le mobilier et le matériel scolaire si

on les responsabilise en les impliquant personnellement dans le maintien des lieux en bon état, si on renforce le caractère pédagogique des sanctions, si on offre certains murs (salles d’études, cours de récréation, …) à l’expression artistique.  La reconnaissance de ces artistes en herbe engendrera leur respect des lieux.

 

4. La mise en place des mesures permettant de remédier  à la pénurie d’enseignants 

 

La pénurie d’enseignants est une réalité que les établissements scolaires doivent affronter depuis plusieurs années.  L’enseignement n’attire plus les jeunes et, face au départ à la retraite des professeurs de la génération « baby boom », il devient urgent de trouver des solutions pour pallier à cette pénurie grandissante d’enseignants.

Il faudrait trouver un mode opératoire qui associe les chefs d’établissement au recrutement tout en préservant le Pouvoir Organisateur qui a des responsabilités mais en protégeant égale0ment les directions régulièrement confrontées à un attentisme insupportable.

Des mesures, visant à la réduction des effectifs d’enseignants, ont été prises dans les années 80, justifiées par le contexte de l’époque.  Ne peut-on prendre le temps de les relire aujourd’hui pour abroger celles qui accentuent le processus de pénurie ?

En 2012, la situation a évolué et il est donc logique que la législation en matière de recrutement s’adapte au terrain sans trop de retard.  Une réforme urgente des « mesures 80 » s’impose donc.

Si les modifications indispensables doivent être prises par la Fédération Wallonie-Bruxelles  qui édicte la réglementation dans ce domaine, il revient aussi à la Ville de Bruxelles, Pouvoir Organisateur, d’impulser une dynamique de suggestion et négociation avec l’appui du Conseil des Pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel subventionné (C.P.E.O.N.S.) et du Conseil de l’enseignement des Communes et des Provinces (C.E.C.P.).

Les « mesures 2012 » viseront, notamment, à

pastedGraphic_6.pdf dépolitiser et objectiver les procédures de recrutement et confier plus de responsabilité aux Chefs d’établissements au niveau de la gestion des ressources humaines, notamment en matière de recrutement des éducateurs à savoir le personnel auxiliaire d’éducation.  C’est à ce niveau que le recrutement fait aujourd’hui l’objet d’une réelle mainmise politique.

pastedGraphic_2.pdf permettre le retour, sous certaines conditions, des pensionnés et prépensionnés qui le souhaitent.

pastedGraphic_2.pdf permettre aux enseignants qui le souhaitent d’étendre leurs plages-horaires et de dépasser les limites actuelles (Régent 22 à 24h/semaine – Licencié 20 à 22h/semaine).  Actuellement la possibilité existe mais les contraintes et la maigre contrepartie financière qui l’accompagnent sont totalement dissuasives.

 

pastedGraphic_3.pdf permettre au licencié d’enseigner au niveau secondaire inférieur sur base du module de formation spécifique, prévu par l’arrêté du 14 mai 2009, lui assurant une revalorisation barémique.  Toutefois, les capacités d’accueil de ce module, enfin organisé, ne correspondent pas aux besoins, alors que des agents attendent depuis plus de deux ans.

pastedGraphic_2.pdf proposer des formules d’appui pédagogique à l’enseignant qui traverse de graves difficultés en permettant aux chefs d’établissement de dégager des moyens pour créer la cellule d’appui nécessaire.  Actuellement, ces moyens existent dans les écoles à encadrements différenciés mais ces écoles n’ont pas l’exclusivité des enseignants en détresse.

pastedGraphic_3.pdf généraliser le tutorat pour encadrer les jeunes enseignants.

  • sortir la violence de l’école en fournissant aux équipes pédagogiques l’aide appropriée.

Cette aide peut se décliner de différentes manières :

Il est, par exemple, contre-productif de forcer une équipe pédagogique à reprendre un élève qui a ouvertement transgressé tout au long de l’année le règlement d’ordre intérieur.  La procédure de recours doit servir à ce pourquoi le législateur l’a destinée, à savoir corriger les éventuelles erreurs de procédure.

Il est, par contre utile, de développer certaines structures alternatives d’accueil de jeunes en détresse ou en révolte parce que l’institution classique n’est pas « outillée » pour traiter ces problèmes spécifiques comme ils devraient l’être.

 

5. la Revalorisation de l’enseignement SECONDAIRE qualifiant

L’enseignement qualifiant de la Ville, qui donne aux étudiants une certification leur permettant d’entrer dans la vie active, est dispensé

        • en plein exercice (technique de qualification et professionnel)
        • à temps partiel (CEFA, …)

Il existe également des filières de formation ne dépendant pas exclusivement de l’enseignement.

 

L’enseignement secondaire de qualification

Rien n’a été fait pour les jeunes encore en obligation scolaire pour revaloriser l’enseignement qualifiant de plein exercice, et plus particulièrement l’enseignement professionnel :

  • il est inadmissible que des jeunes, ayant obtenu un diplôme d’études secondaires professionnelles, ne maîtrisent pas les mathématiques de base et aient des lacunes très importantes dans la matière pour laquelle ils sont diplômés.  Il leur est donc impossible de décrocher un emploi qualifié et restent « demandeurs d’emploi »,
  • Il est incompréhensible de recevoir, en jury de 6ème ou 7ème année professionnelle une majorité de candidats qui n’ont absolument pas le niveau et de devoir en « diplômer » un certain nombre pour répondre aux quotas minimums de réussite de l’école.

 

Les causes PRINCIPALES de cette inaptitude à l’emploi sont

  • le décalage entre le matériel plus que vétuste des écoles professionnelles et celui du monde réel des entreprises dans lesquelles ces jeunes seront sensés travailler,
  • le niveau de délabrement de certaines écoles professionnelles et la « ghettoïsation » de ces établissements qui sont devenus de véritables « mouroirs » pour finir l’obligation scolaire.  Les écoles de la Ville n’échappent pas au constat.

 

Une coopération beaucoup plus importante doit être établie entre les écoles techniques et professionnelles et les entreprises pour améliorer la qualité du matériel didactique et la pertinence des matières enseignées.  Dans cet ordre d’idées, il convient aussi d’augmenter, de manière très importante, les « stages en entreprise » et leur encadrement.

Dans l’enseignement technique et professionnel, il est important d’immerger les étudiants dans le monde du travail.  Il faut y pratiquer une pédagogie par projets, une pédagogie plus active et donc plus motivante.  Il convient aussi de regrouper les cours d’histoire, géographie et sciences en modules d’étude du milieu.

 

L’ABSENTEISME  :  UNE AUTRE RAISON DE LA NON-QUALIFICATION DE CES JEUNES

Dans l’enseignement professionnel

Pour lutter contre « l’absentéisme » très important des jeunes en école professionnelle, il est indispensable de

  • responsabiliser les parents,
  • accroître le rôle  de la police en matière de « contrôle » des jeunes en rue pendant les horaires scolaires,
  • donner une plus grande autorité aux chefs d’établissement,
  • revoir la réglementation en Communauté française qui impose un minimum d’élèves pour le financement des écoles, plus particulièrement dans les écoles professionnelles.

Actuellement, les directions de ces écoles acceptent jusqu’à 70% d’absentéisme car, dès qu’un élève a 30% de présences, il entre en compte pour le financement de l’école.

Les cours sont continuellement perturbés par cet absentéisme, ce qui peut expliquer la démotivation des enseignants et la qualité parfois, voire souvent, médiocre de l’enseignement dans ces écoles professionnelles.

Dans les autres filières

Il en va de même dans les « centres de formation » comme les AFT, en fait tout ce qui dépend des « OISP » (Organisme d’Insertion Socio-Professionnelle) où il est imposé, par les pouvoirs publics (ACTIRIS, COCOF, etc.), un quota minimum quant au « nombre de stagiaires », le financement se faisant sur les heures de présence des stagiaires et non sur les heures organisées par le centre de formation.

Cela oblige les directions de ces centres à garder des stagiaires (qui sont obligatoirement demandeurs d’emploi, donc chômeurs ou au CPAS) qui ne font aucun effort de formation ou qui ont un absentéisme très important.

De ce fait, ces stagiaires

  1. ne sont jamais sanctionnés,
  2. tirent vers le bas la qualité de la formation donnée, surtout lorsqu’ils sont dirigés par des personnes n’ayant jamais travaillé dans le monde des entreprises.

 

l’Institut des Arts et Métiers, ancien fleuron de l’enseignement qualifiant

Un exemple de la situation dans cet établissement :

il y a des classes de soudeurs, … mais elles sont vides.

  • Le bâtiment classé, des années 30, appelle des rénovations importantes et des aménagements intérieurs pour plus de convivialité.  La situation est d’autant plus gênante que, depuis 2002, la Fédération Wallonie-Bruxelles consent de gros efforts en matière d’équipement dans l’enseignement qualifiant (80%) mais que le Pouvoir Organisateur ne suit pas !
  • La chute des inscriptions (350 aujourd’hui en comparaison des 2.500 élèves dans le passé) a réduit l’encadrement ce qui a aggravé le climat de violence et de vandalisme.  En 2008, l’anniversaire des 75 ans de l’Institut n’a même pas été fêté.

 

 

Les « Centres de Technologies Avancées »  (CTA)

En 2007, la Communauté française s’était proposé d’améliorer la qualité des filières qualifiantes de l’enseignement technique et professionnel par des investissements dans les équipements pédagogiques de qualité des écoles et dans de nouvelles infrastructures à créer en Communauté française, dénommées « Centres de Technologies Avancées » (CTA).

Il s’agissait surtout de mieux répartir les moyens disponibles pour moderniser les équipements pédagogiques, d’y ajouter des moyens supplémentaires pour renforcer la qualité des équipements et de rendre les CTA accessibles à tous les élèves inscrits dans une filière qualifiante, tous réseaux confondus.

Ces Centres doivent également être accessibles à des demandeurs d’emploi et des travailleurs, en vue de développer des formations professionnelles initiales ou continuées.

Si l’idée de la création des CTA était donc bonne, sa mise en place et son suivi par la Fédération Wallonie Bruxelles est, en revanche, en dessous de tout.  En effet, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne met pas les moyens suffisants et nécessaires afin d’optimaliser ce qui était une bonne idée et l’inspection créée sur mesure à la Ville pour un reclassement politique n’a pas le dynamisme suffisant pour l’assurer.

Concrètement, le CTA est placé dans un établissement d’enseignement secondaire sous la responsabilité du chef d’établissement qui accueille, en l’occurrence pour la Ville de Bruxelles à l’Institut des Arts et Métiers et à l’Institut Diderot.  Cinq ans plus tard, aucun n’est encore prêt à être opérationnel alors que ces deux Centres de Technologies Avancées constituent une belle opportunité de revalorisation de ces deux instituts.

C’est pour le moins paradoxal, voire inexplicable et indéfendable, lorsqu’on connaît les enjeux sociétaux que représente une bonne formation pour la mise à l’emploi de nombreux jeunes.

 

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