Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Etre femme politique

  marion_viviane           Que vaut aujourd’hui le « What only a woman can explore ? » selon lequel les femmes peuvent être des plus-values dans leur milieu professionnel et dans le milieu encore très masculin de la politique ? Il est heureusement loin le temps où l’on considérait qu’être femme est un manque de considération qui débouchait alors sur un comportement agressif. Progressivement, le monde politique a été bien obligé d’intégrer cette évolution positive. Obligé de par la loi qui, désormais, lui impose la parité sur les listes électorales, mais encore plus – et c’est une évolution qui me convient mieux (!)- par la pression citoyenne exigeant plus de femmes aux commandes de l’Etat, en tous ses niveaux de pouvoir. Pourquoi cette évolution ? Tout d’abord par une prise de conscience des femmes elles-mêmes du rôle politique et du poids électoral des femmes.Ensuite, par une meilleure prise en considération par les hommes que, face à des situations et des contextes qu’elles appréhendent autrement, les femmes dirigeantes trouvent des réponses et des solutions originales. Par exemple, l’appel de l’ONU à voter femme lors des élections de 2011 en RDC (conformément à la résolution 1325 des Nations Unies qui prône la participation de la femme dans la prise de décision ) Les historiens conviennent que le développement des villes a été un facteur favorable pour l’émancipation des femmes : accès aux commodités qui allègent la vie quotidienne (eau courante, électricité…), services et commerces de proximité, diversification des activités professionnelles (secteur tertiaire), allégement du contrôle social, nouvelles formes de vie associative, etc. La Ville libère… ou libérait, car aujourd’hui, nombreuses sont les femmes qui se plaignent de la ville : encombrement, pollution, bruit, publicités dégradantes, insécurité, violence, stress… La ville pose aujourd’hui d’autres problème aux jeunes filles, aux femmes avec jeunes enfants, aux femmes âgées. Comment reprendre les choses en main ? Enfin, le développement des modèles culturels et religieux discriminatoires transforme certains quartiers de Bruxelles en de véritables prisons pour femmes… et certains bourgmestres ne veulent pas en prendre conscience- voire même s’en rendent complice par vieux réflexes machistes ou opportunisme politique. D’autre part, la problématique du temps reste le plus grand frein à une meilleure implication des femmes en politique. Ce qui débouche immanquablement sur les carences en termes de politiques à mettre en oeuvre permettant de mieux concilier vie professionnelle et vie de famille. Une analyse des budgets en termes de genre « le gender budgeting » – permet d’identifier les décisions politiques qui renforcent ou au contraire qui réduisent les inégalités entre femmes et hommes (« gender mainstreaming ». La pénurie de places dans les crèches est un exemple criant. Cela fait 10 ans que je me bats en vue d’améliorer la politique d’accueil de la petite enfance,par la diversification de l’offre, notamment par le dépôt d’une proposition très concrète de création de crèches à proximité des entreprises et ouvertes au quartier où elles sont situées. J’ai également participé à la mise sur pied d’un projet avec des professionnels du secteur associatif permettant la création d’une crèche pour la police locale et la police fédérale, notamment afin d’améliorer le recrutement de policiers féminins. La demande en la matière est énorme et l’accueil par la police de ce projet fut enthousiaste. Force est de constater que jusqu’à présent les hommes responsables de ces politiques n’ont pas considéré de tels projets comme prioritaires ! C’est dire qu’en ce domaine, comme en d ‘autres, – je pense aussi à l’enseignement, aux soins de santé, aux soins à domicile – le chemin à parcourir reste très long et que le « What only a woman can explore! » est plus que jamais d’actualité.