Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Double jeu du Collège et de la Ministre écolo de l'environnement pour un curieux "bar à jus" sans permis à St Géry

Guarana - Opening soon 1


En séance du Conseil communal de ce lundi 10 septembre Marion Lemesre a dénoncé le double jeu du Collège et son incroyable irresponsabilité dans  l’installation sans permis d’un bar à cocktails dans un bâtiment de la Ville : des travaux lourds y ont été effectués tant à l’intérieur du bâtiment qu’à l’extérieur de celui-ci, pour y installer une terrasse en intérieur d’îlot sans que les permis nécessaires, ni en termes de travaux, ni en changement d’affectation n’aient été accordés.

Visiblement, la Ville s’inspire des méthodes d’un célèbre concepteur bruxellois de bistrots … Oubliant qu’il y a des citoyens, de surcroît locataire de la Ville de Bruxelles, qui pourraient souhaiter dormir en toute tranquillité et qui paient des impôts pour faire fonctionner cette Ville ; oubliant qu’elle doit exercer un rôle de régulateur pour permettre un équilibre entre toutes les fonctions de la Ville et plus particulièrement dans un quartier comme le St Géry, déjà saturé en horeca; oubliant qu’elle, la première, est tenue de respecter les lois et règlements.

Si j’en crois les informations qui m’ont été transmises, ce dossier est plus qu’interpellant :

  1. Le bail commercial conclu entre la Régie foncière et le locataire a pris cours en avril 2012 ;
  2. La demande de permis d’urbanisme est ensuite introduite et ne sera pas traitée parce que jugée d’abord incomplète ;
  3. Malgré l’absence de permis, le locataire entreprend les travaux d’aménagements sans que le propriétaire, la Ville de Bruxelles au travers de sa Régie foncière, ne s’en inquiète nullement ;
  4. Le département de l’urbanisme fait cesser les travaux qui, selon lui et au vu de leur ampleur, nécessitent une nouvelle demande, l’intervention d’un architecte  et une enquête publique ;
  5. Entretemps, le locataire de l’espace commercial est toujours tenu de payer son loyer à la Régie foncière de la Ville de Bruxelles ;
  6. Finalement, il s’écrit que les locataires, un couple de jeunes entrepreneurs, auraient épuisé les ressources de leur entreprise et leurs propres ressources. Ils se retrouveraient dans une situation particulièrement précaire si pas déjà particulièrement critique.

Tirons un premier bilan …

  1. La Régie foncière se retrouve avec une surface commerciale en travaux, dont le loyer n’est plus payé et dont l’affectation s’avère incertaine. Bref, des pertes de loyer et des coûts de remise en état …
  2. Le département de l’urbanisme apparaît incapable de fournir immédiatement une information correcte et complète et, sans qu’on en comprenne la raison, affirme ne pas prendre de décision durant les vacances et en période pré-électorale …
  3. Deux Echevins qui n’ont pas encore l’air d’avoir compris ce que signifie respect de la loi et service au citoyen .
  4. Et finalement, deux jeunes entrepreneurs risquent de se retrouver sur la paille …

 

Cette affaire pose question !

  1. Avant la signature du bail commercial, la Régie foncière s’est-elle informée de la nature du projet commercial que souhaitait développer ces deux jeunes entrepreneurs ? Si non, cela ne traduit-il pas une très nette insuffisance de gestion de ce département ? Si oui, le couple d’entrepreneurs a-t-il été informé de l’obligation de déposer une demande de permis d’urbanisme ?
  2. La Régie foncière a-t-elle donné autorisation d’effectuer des travaux avant que le permis d’urbanisme ne soit accordé ?
  3. La Régie foncière a-t-elle eu connaissance du démarrage des travaux ? A quel moment ? Quelles mesures a-t-elle prises pour faire respecter la légalité et préserver le patrimoine de la Ville ?
  4. La Régie foncière a-t-elle informé le département de l’urbanisme du projet commercial que ce bâtiment de la Ville allait abriter et, d’autre part, le département de l’urbanisme a-t-il informé la Régie foncière des obligations auxquelles le locataire devait répondre ?
  5. Le département de l’urbanisme a-t-il donné une information adéquate et complète eu égard aux caractéristiques du projet ? Si oui, comment peut-il le démontrer ? Si non, quelles en sont les raisons ?
  6. La Régie foncière et/ou le département de l’urbanisme ont-ils orienté ce couple de jeunes entrepreneurs vers les outils d’aide aux entrepreneurs dont dispose la Ville comme Atrium ou le Guichet d’économie locale ?

Finalement, sur base des informations dont nous disposons, il apparaîtrait que la responsabilité de la Régie foncière est évidente dans ce fiasco monumental et aux conséquences graves pour un couple de jeunes entrepreneurs.

Dans leur réponse embrouillée, l’Echevin des propriétés communales comme celui de l’Urbanisme ont rejeté la faute sur les deux jeunes entrepreneurs  » indélicats » ou imprudents ayant commencé les travaux sans permis,  ainsi que sur la Ministre régional écolo de l’Environnement dont le soutien ( via des subsides et des interventions auprès de la Ville) auraient été significatifs dans l’installation de ce nouveau bar dans le quartier St Géry ! Un comble,dans un quartier où les pouvoirs publics se doivent d’y protéger l’habitat et  au moment où j’apprend que ce serait  la brasserie Alken-Maes qui s’acquitterait du loyer à la Régie foncière pour le compte de ce  curieux « bar à jus » !

Attaché au respect des lois, opposé au laissez-faire urbanistique du Collège, choqué des manquements graves dans la gestion des propriétés communales, le MR exige la remise en état de ces deux magasins sis à l’angle de la rue Pletinckx et de la Place St Gérry, leur affectation à destination autre que de l’horeca et propose une autre vision politique de développement du Quartier St Géry dans son ensemble, pour un meilleur équilibre entre les fonctions, respectant le  cadre de vie des habitants.

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