Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Pour un plan de rénovation intérieure des logements et un plan cohérent de gestion des immondices à Versailles/Beyseghem

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Interpellation de Marion Lemesre, Députée-Chef de groupe MR,

au Conseil communal du 26 mars 2012 concernant

la responsabilité du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Bruxelles

dans la réalisation du chantier Beliris visant à la rénovation des abords des logements sociaux sur le site Versailles/Beyseghem de Lorebru

ainsi que son action possible dans un plan de rénovation intérieure des bâtiments

ainsi qu’un plan cohérent de gestion des immondices

En complément aux questions posées par ma collègue Frédérique Ries, je souhaiterais approfondir un certain nombre d’aspects de cette situation pour le moins ubuesque, si elle n’était désolante, afin de bien cerner la responsabilité de l’Autorité Publique, sur base des dossiers en ma possession et sur base des réponses qui m’ont déjà été fournies par l’autorité de tutelle régionale (le Secrétaire d’Etat écolo Christos Doulkéridis) en réponse à mon interpellation du 20 mars 2012 en Commission du Logement – Et cela,

  1. au titre de la bonne gouvernance et de la vérification du respect des procédures de concertation et de la bonne utilisation de l’argent public;
  2. au titre du respect des habitants, de leurs droits de locataires (qui faut-il le dire ne sont pas inférieurs à ceux des locataires de logements privés !) et de leur information juste et transparente;
  3. au titre de la garantie de la sécurité des biens et des personnes situés sur le territoire de la Ville de Bruxelles ;
  4. au titre du pragmatisme qui, je l’espère, nous conduira à déterminer les corrections à apporter aux erreurs commises par l’autorité publique quelle qu’elle soit.

Car les erreurs sont là, bien visibles, scandaleuses, surréalistes – sans être aussi brutale que le laisse entendre le titre de la Dernière heure – pour le MR, l’important n’est pas «de faire tomber des têtes», mais de cerner, de la façon la plus juste et la plus correcte, les responsabilités des pouvoirs publics concernés afin de dégager les budgets supplémentaires pour réparer les torts causés et supprimer les risques générés notamment en matière d’insécurité et d’incendie.

Ma collègue Frédérique Ries et moi-même, pour rester dans le cadre des compétences communales, n’avions introduit notre question, le 5 mars dernier, que sous l’angle de la responsabilité de la Ville c’est-à-dire le chantier Beliris et ses conséquences; toutefois – dans ce même article publié dans la Dernière Heure, nous avons appris que le Président du CPAS ayant visiter les lieux et certains appartements particulièrement en mauvais état, avec le Président PS de Lorebru, le journaliste de la DH et Télébruxelles, a annoncé selon ce même article de la Dernière heure du 22 mars 2012 que :

«Face à la crise, le CPAS de la Ville a décidé de réagir en urgence.  “J’ai demandé d’avoir, dans les 15 jours, un état des lieux de ce qui ne va pas à l’extérieur (containers, bancs) et qu’on prenne ensuite des solutions rapides pour améliorer la qualité de vie des habitants.  Ensuite, dans le même laps de temps, qu’on établisse le cadastre des familles qui occupent un logement problématique et trouve une possibilité de relogement”, explique Yvan Mayeur (PS), président du CPAS.  Quoi qu’il en soit, la note des réparations risque d’être salée avec 7.000.000 €, rien que pour régler les problèmes d’infiltration de deux tours.  Des réparations qui risquent bien de n’être qu’un emplâtre sur une jambe de bois…».  La conclusion de l’article évoque la question plus large qui se pose à l’égard des bâtiments construits dans les années 70 et dont la remise aux normes coûte plus cher que leur démolition – à cet égard, la SLRB estime à 1.700 €/m² le coût rénovation qui pourrait déboucher sur une décision de démolition avec un plan de relogement/reconstruction – (mais nous sortons du sujet ponctuel qui appelle aujourd’hui une réponse immédiate).

En suivi donc de la visite de presse effectuée par le président du CPAS,

je souhaiterais savoir, si le CPAS compte reprendre la tutelle sur LOREBRU ou sur l’ensemble des logements sociaux situés sur le territoire de la Ville (car il n’y a pas qu’à Versailles que les locataires se plaignent d’un manque d’entretien du bâti) ?

J’imagine que c’est suite à cette visite du président du CPAS que la direction de Lorebru et son président ont affiché l’annonce suivante : «Tous les appartements situés avenue de Versailles 146 seront examinés en plusieurs jours à partir du 20/3 à 10h; ces visites ont pour but de relever les problèmes éventuels concernant les infiltrations, la condensation, la présence de moisissures ainsi que le fonctionnement du chauffage»

J’ai envie de dire c’est déjà ça !  mais en regard du Rapport de la Commission de Concertation du 8.11.2011 point 10, permettez-moi de m’inquiéter et de vous interroger sur le suivi qui y a été donné: je vous lis ce rapport et le joins au compte-rendu de l’ordre du jour.

Si, bien évidemment, vu l’indolence de la tutelle régionale, je peux comprendre la réaction du Président du CPAS, il ne faudrait pas que la note arrive à charge du seul contribuable de la Ville de Bruxelles. D’ailleurs, en suivi à mon interpellation régionale, le Secrétaire d’Etat annonce sa visite ce Mercredi 28 Mars entre 12h et 14h30.

Par ailleurs, de mon côté, insatisfaite des réponses fournies par le Gouvernement bruxellois, j’ai demandé à la Commission Logement de visiter le site Versailles/Beiseghem,  en exigeant une analyse budgétisée du projet Beliris, l’audition de la direction de Lorebru, l’audition des représentants des locataires, etc. Ma proposition sera mise au vote des parlementaires lors de la réunion de la Commission Logement, demain à 9h30.

Monsieur le Bourgmestre, chers Collègues,

A la lecture d’un rapport aussi alarmant, avec les locataires, nous sommes en droit de vous demander si les 3,5 millions d’euros de Beliris n’auraient pas du être utilisés à d’autres investissements plus primordiaux visant à  sécuriser et rénover l’intérieur avant de réaménager les abords …  et quels réaménagements !

Je ne reviens pas sur le luxe de ce que les habitants appellent, non sans humour, «le Palais présidentiel» mais sur le placement des bancs (40 X 1.000 €), range-vélos (inutilisable à l’extérieur vu les vols) et les fameux abris à containers (100.000 €) dont certains sont inutilisables puisque placés  devant des trottoirs infranchissables.  Certains de ces trottoirs comme ceux de l’avenue Beyseghem sont neufs, comptez-vous les démolir pour les abaisser ?  Je ne vous y engage pas car, à mon sens, cette option abris à containers ouverts à tout vent, c’est-dire à tout vandalisme, à tous dépôts clandestins, à toute criminalité va devoir être abandonnée très rapidement et mes dernières questions portent sur l’avenir et les bonnes décisions à prendre pour arrêter «ce massacre».

J’ai sous les yeux le Procès verbal de la réunion qui s’est tenue en présence de l’échevin de l’urbanisme ainsi que les diapositives projetées sur le thèmes des abris à containers et il m’inquiète, voire me scandalise, d’y lire que – semble-t-il avec l’accord de l’échevin – le réaménagement des locaux intérieurs à containers (pour revenir à la situation antérieure) sera répercuté dans les charges des locataires à hauteur d’un montant total estimé à 70.172 €, rien que pour les immeubles de la rue Laskouteur !  Dans la présentation des implantations actuelles, faite le 28 juin 2011, celles-ci sont considérées comme inacceptables : pourrions-nous savoir clairement qui a décidé ce projet d’une incommensurable stupidité ?   Le Collège ?  Le gouvernement régional ?  Lorebru ? Beliris ?

Dans sa réponse, le Secrétaire d’Etat déclare que c’est Beliris le Maître d’œuvre ainsi que le font les responsables de Lorebru, si cela est vrai qui a commandité le chantier ?

Qui devait suivre son exécution ?  Comment personne ne semble s’être rendu compte de l’impraticabilité de la solution retenue ?

Aujourd’hui que le mal est fait, qui va le réparer ?

D’autant que le mal génère le mal et après l’incendie du premier abri à containers, dont je vous remets les photos pour que vous en appréhendiez bien tous les risques pour les habitations :

  1. Alors que le Président de Lorebru a déjà signalé aux habitants du bloc concerné que la réparation du container incendié  sera imputée dans leurs charges, Monsieur le Bourgmestre, je voudrais connaître la date précise de leur enlèvement par la police ?
  2. Alors que Bruxelles-Propreté a déjà informé qu’elle n’enlèverait pas les immondices non triés dans les containers, vu que ceux-ci génèrent d’important dépôts clandestins et que les locataires ont déjà reçu un avis de calcul dans leurs charges du coût de «vérification et correction du tri sélectif», que comptez-vous faire pour mettre un terme à cette spirale infernale de la hausse des charges générées par des erreurs de direction ?
  3. Si la tutelle régionale ne remplit pas sa fonction, la Ville peut-elle reprendre avec les autorités fédérales et régionales la maîtrise de ce dossier afin de mettre en place rapidement un plan de gestion des déchets du site Versailles/Beyseghem privilégiant le ré-aménagement des locaux intérieurs sous clés, avec un personnel apte à l’entretien de ceux-ci , la vérification du tri sélectif et la sortie des containers sur la voie publique deux fois par semaine ?

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