Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Plateau du Heysel:les victimes du projet Néo

avec A Courtois devant tir à l'arc

1. Bref rappel historique

Pour mémoire, par son Plan de Développement International (PDI), le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a déterminé le 6 septembre 2007, 10 zones stratégiques dont 7 situées sur le territoire de la Ville de Bruxelles font l’objet un mois plus tard d’une charte de coopération Ville/Région.  Dès ce moment, les majorités à la Ville et la Région s’accordent pour développer sur le Plateau du Heysel une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, un Centre international de Congrès, un centre commercial de grande envergure, un pôle hôtelier/sport/loisirs et éventuellement le maintien du stade Roi Baudouin.

En juin 2008, par une décision votée au Conseil communal, la majorité PS/CDH/CDNV/GROEN délègue au Palais des Expositions le réaménagement du plateau du Heysel et autorise celui-ci à subdéléguer cette mission à la Société Anonyme EXCS.  Le Groupe MR dénonce l’opacité des mécanismes de gestion du futur projet et l’illégalité d’une telle subdélégation non motivée dans sa délibération.

Le 15 septembre 2008, la S.A. EXCS introduit auprès de la Commission européenne, pour compte du Collège de la Ville de Bruxelles, le «dossier de candidature du Plateau du Heysel en vue d’y accueillir un nouveau quartier européen» dont le concept urbanistique prévoit e.a.  «la construction de 100.000 m² de bureaux et d’un centre commercial de dimension internationale de l’ordre de 150 à 200 % de la plus importante surface commerciale belge actuelle».  Précisons que «ce projet européen», prévoyant une densification du bâti autour de 650.000 m² supplémentaires, supprimait déjà d’un trait de plume les activités touristiques et de loisirs Mini-Europe et Océade !

Ces délires sont dénoncés régulièrement par l’opposition libérale, tant au Parlement bruxellois qu’au Conseil communal où elle vote contre en novembre 2008.

Mais alors que le dossier européen est abandonné, en  mars 2009, le Collège lance un appel à candidature pour le recrutement d’un maître-architecte d’envergure internationale pour le réaménagement des 67 hectares du Plateau.  «Il faut arrêter de croire que l’on peut jouer au Monopoly» déclare à ce moment-là, l’Echevin PS du Tourisme qui baptise le nouveau projet de réaménagement du nom du héros de Matrix : Néo .

En septembre 2010, Kees Christianse, du bureau de Rotterdam KCAP est désigné comme Urbaniste en Chef du projet Néo.

Le 23 juin 2011, le projet Néo est présenté au Conseil communal.

Si les libéraux reconnaissent l’ambition du schéma de réurbanisation et de requalification de cette zone de développement essentielle pour l’avenir économique de la Capitale, ils exigent un axe de développement commercial complémentaire reliant le Plateau du Heysel au Centre-ville en passant par la zone du canal, impliquant un investissement public important dans la rénovation des grands boulevards du centre.

MR et VLD veulent aussi que ce projet soit une opportunité d’améliorer la qualité de vie des riverains en termes de stationnement et de mobilité; en ce sens ils souhaitent, comme les riverains et les utilisateurs, être informés régulièrement de l’évolution des procédures.

Or, depuis juin 2011, plus aucune information n’est donnée aux conseillers, aux utilisateurs, aux riverains …

 

1. Les victimes du projet Néo

Comme nous l’avons vu dans le rappel historique, dès le premier schéma du PDI, en 2007, l’existence de Mini-Europe et Océade semble menacée.  Toutefois, la Ville de Bruxelles, via son Parc des Expositions, décide de proroger la concession venue à terme jusqu’en 2013, donnant à penser au concessionnaire qu’une reconduction était possible.  L’attitude de la société EXCS agissant pour compte de la Ville qui consiste, aujourd’hui, à proposer à l’entreprise exploitante de répondre à l’appel d’offre qui sera bientôt lancé en matière d’attractions n’est-elle pas, en conséquence, une forme d’abus de droit ?

Nous vous renvoyons au communiqué que nous avons publié le 8 février dernier ainsi qu’à la motion que les groupes MR et VLD proposent au vote des conseillers communaux cette après-midi, motion prenant en considération les 600.000 visiteurs par an, les 500.000 € de taxes perçues par la Ville de Bruxelles, les 250 emplois et les 18 mois de préavis requis pour un certain nombre de membres du personnel de Mini-Europe et Océade en cas de fermeture en 2013.

Les autres utilisateurs du Plateau qui seront les victimes du projet Néo voulu par le Collège de la Ville de Bruxelles sont essentiellement des associations  ou des organisations sportives.

En effet, l’examen des phases du projet Néo révèle la mort annoncée des activités sportives sur le Plateau du Heysel :

Phase 1

  • Démolition de l’annexe 2, petit stade, de l’espace synthétique et du stade d’athlétisme Victor Boin.
  • Démolition du terrain de football, annexe 5, de la salle omnisports pour personnes handicapées et de la salle de tir du Grand Serment Royal des Archers de Saint Sébastien, ainsi que 6 vestiaires de football (un bâtiment construit par la Ville pour 2,5 millions €, inauguré le 24 janvier 2003 !).
  • Construction de 2 terrains de football, sans vestiaires ni tribunes, ni buvette.

Phase 2

  • Construction d’une enveloppe autour du stade Roi Baudouin et d’un bâtiment devant l’entrée du Stade au fronton de celui-ci.
  • Démolition probable des 2 pylônes d’éclairage situés derrière la tribune 3 du Stade Roi Baudouin.
  • Démolition des bureaux du COIB et de l’URBSFA, fédération belge de football.
  • Aménagements du COIB et de l’URBSFA dans les locaux en fronton du Stade Roi Baudouin.

Phase 3

  • Démolition du club de pétanque Léopold Club.
  • Démolition du terrain synthétique football  et de hockey du Primerose.
  • Construction d’un stade de football et d’athlétisme, sans vestiaires et tribunes.
  • Construction d’un bâtiment central omnisports reprenant une salle, des vestiaires et une cafétéria pour l’ensemble des nouvelles installations sportives.

Enfin, en Phase 6

  • Démolition du Stade Roi Baudouin, dans le cadre « d’une réserve stratégique à préciser ».

 

MR et VLD interrogent : Comment faire du sport pendant la durée des travaux ?

La durée des travaux est estimée entre 5 et 8 ans.

Celle-ci provoque l’inquiétude légitime des clubs sportifs utilisateurs des infrastructures actuelles à savoir :

  • Le club de l’Excelsior Athlétisme, qui  perd son lieu d’entraînement, ses vestiaires et sa buvette.
  • Le club sportif pour handicapés ASCTR, qui  perd sa salle,  son vestiaire et  sa buvette.
  • Le club de tir à l’arc du Grand Serment Royal des Archers de Saint Sébastien, qui  perd ses locaux, son terrain de compétition répondant aux normes de sécurité ad hoc et  sa buvette (situé au rez-de-chaussée de l’ASCTR).
  • Le club de pétanque qui  perd ses infrastructures.
  • Le club de hockey qui  perd son terrain synthétique.
  • Les occupants du petit stade du Heysel ne pourront pas retrouver de terrains de football avant 5 ans.

L’inquiétude grandit d’autant plus que la Ville de Bruxelles et en particulier l’Echevinat des sports n’a toujours pas répondu aux attendes des clubs et n’a donc toujours pas apporté de solutions aux problèmes de survie  rencontrés par ces clubs.

Dans ces conditions, pour ces clubs, la perspective paraît assez claire : trouver eux même des espaces et lieux en dehors de la Ville de Bruxelles pour 5 ans minimum.

Mais reviendront-ils après 5 ans ?

Enfin le projet final, tel que présenté en juin 2011, ne satisfait nullement les clubs actuels :

  • Le club des personnes handicapées de l’ASCTR, bien qu’il puisse peut-être avoir une salle  adaptée dans le  futur bâtiment central omnisports, ne bénéficie pas, tel que les plans le prévoient, d’accès direct pour ses membres.  En effet, les accès à ce bâtiment  sont  piétonniers et seul un parking en sous-sol est prévu sous le grand stade actuel.

 

  • Le  bâtiment central omnisports, comprenant vestiaires et cafétéria, étant très éloigné des terrains de football et d’athlétisme, cela pose de grands problèmes dans le cadre du respect des règlements en vigueur de l’URBSFA concernant la séparation des joueurs et spectateurs, ainsi que dans le cadre des déplacements des équipes de jeunes.  Enfin, rien ne semble actuellement prévu pour le stockage du matériel spécifique d’entraînement.

 

  • Le club de tir à l’arc ne retrouve pas son espace spécifique de pratique sportive agréée par les instances internationales.

 

  • Le principe d’une cafétéria centrale posera des difficultés aux clubs locaux quant  aux recettes et bénéfices respectifs qu’un club est sensé obtenir par sa propre buvette.

 

  • Le club de pétanque Léopold club semble disparaître ainsi que le terrain spécifique de hockey.

 

3. Le stade Roi Baudouin

Depuis la diffusion du projet NEO, ni la Ville, ni la Région ne semble vouloir entreprendre des travaux lourds pour la sécurité, l’entretien et le maintien d’infrastructures existantes.

Durant toutes les phases de réalisation des travaux, il y aura des destructions de bâtiments, des terrassements pour le parking en sous-sol et la construction de bâtiments autour du stade Roi Baudouin actuel.

 

  • Faudra-t-il donc investir dans de grands travaux temporaires à l’intérieur et autour du stade pour les manifestations qui doivent encore s’y tenir ?
  • Où en sont les négociations avec le COIB, la Fédération belge de football et les organisateurs du Van Damme ?
  • Pourquoi faire déménager le COIB et la Fédération de football si le stade doit disparaître à l’issue du projet NEO ?
  • Il n’y a aucun projet de mobilité et de déplacement pour les spectateurs, pour les athlètes, pendant et après les travaux.

Bref, que fait-on de ce stade ?

4. Les enjeux d’un PRAS dit démographique

Le Gouvernement bruxellois vient d’adopter le projet de modification du PRAS qui sera mis à l’enquête publique et soumis aux Conseils communaux des communes concernées.

Ce projet de modification porte création d’une nouvelle Zone d’Intérêt Régional (ZIR n°15) sur le Plateau du Heysel.  Le PRAS Démographique reprend la programmation Néo avec un Centre International de Congrès de 3.500 places, une salle de spectacles d’une capacité de 15.000 places, une infrastructure commerciale de 72.000 m² et d’autres fonctions dont la fonction résidentielle (750 logements).

Bien qu’évoqué dans la modification du PRAS, il n’y a, à l’heure actuelle, aucun plan sérieux de mobilité dans le cadre du projet englobant ce centre commercial de 72.000 m² (soit un salon de l’auto tous les jours), d’autant plus que cette mobilité doit s’accompagner de projets pour le Palais des Congrès, la salle de spectacles et les éventuels logements.

Ce ne sont là que quelques aspects de ce projet qui nie les actuels utilisateurs du plateau (aucun contact n’a été établi avec l’échevinat des sports depuis 2008), les habitants du quartier (aucune concertation avec ceux-ci) et qui nie même l’existence du futur harmonieux de ce plateau.

Le MR de la Ville de Bruxelles estime, par exemple, que

  • 25.000 m² de surface commerciale sont largement suffisants,
  • la fonction résidentielle doit être en harmonie avec les gabarits existants de l’avenue Houbba en s’inscrivant uniquement dans le cadre d’une offre de logements privés moyens et supérieurs afin de ramener des habitants à capacité contributive dans la Capitale,
  • les utilisateurs actuels de loisirs et attractions touristiques ainsi que les utilisateurs sportifs  doivent rester sur cette zone récréative.

Nous vous communiquerons prochainement une contre-proposition précise quant à l’avenir du plateau du Heysel.

Comments are closed.