Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Marion Lemesre s’insurge contre un projet de décret « inclusion » trop théorique

IMG_0192

 

Après 10 ans d’immobilisme, le Projet de Décret « inclusion » présenté par la Ministre Ecolo théorise la politique de l’aide aux personnes handicapées et ne répond pas aux besoins immédiats des familles dans le désarroi.

Ce mardi 15 octobre, Marion Lemesre a participé à la première séance d’analyse du projet de décret d’inclusion de la personne handicapée déposé par la Ministre Huytebroeck en charge de la politique d’aide aux personnes. Ce décret « inclusion » vise à inscrire la politique de la personne handicapée menée par la Cocof dans la lignée de la Convention des Nation Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Ce n’est pas pour autant que ce texte changera le quotidien des personnes handicapées et de leurs familles.

La Députée libérale en a déjà pointé les faiblesses en Commission Affaires sociales lors de la discussion générale sur le projet de décret : « Plusieurs éléments manquent d’ambition et de réalisme dans ce décret. Nous dénonçons bien entendu l’absence de définition de la grande dépendance, alors que les travaux préparatoires y avaient consacré beaucoup de temps. Mais également l’évaluation superficielle du dispositif, la disparité de l’offre de répit, l’absence de chiffres pour soutenir cette pseudo-réforme ou encore le silence qui entoure le nombre de places à créer pour correspondre aux besoins réels dans le secteur du handicap en Région bruxelloise. »

Se pose aussi bien entendu la question du budget, « en travaillant avec une enveloppe fermée, on peut se demander où seront prélevés les moyens nécessaires pour financer les avancées prévues dans cette réforme » s’interroge Marion Lemesre, qui rappelle aussi que le budget est toujours une question de choix politique. Le MR plaide lui depuis des années aux côtés du GAMP pour l’adoption d’un plan pluriannuel d’investissement et d’actions prioritaires car « une politique cohérente d’aide aux personnes demande des investissements conséquents. »

La Députée libérale pointe la fausse nouveauté de l’évaluation : « se limiter à de l’évaluation interne, à usage interne, n’est pas précisément ce qu’on peut appeler de la bonne gouvernance ». Les témoignages de terrains soulignent que l’accès aux places est conditionné à des pourparlers auxquels les familles n’ont pas accès. Il y a peu de clarté dans les procédures d’attribution des places, d’où la nécessité d’évaluation et de contrôle, notamment dans l’attribution de « statut prioritaire » prévu par le projet de décret. Et dans ce système d’accès aux rares places disponibles, vous obtenez toujours une place au détriment de quelqu’un d’autre, c’est-à-dire que vous avez une place parce que quelqu’un d’autre ne l’a pas eue. « C’est une charge émotionnelle supplémentaire dont les parents n’ont pas besoin. » commente Marion Lemesre.

L’examen parlementaire de ce décret se fera en plusieurs séances car, attendu depuis une dizaine d’années, il fera l’objet d’une analyse minutieuse de la part de l’opposition. En effet, les constats du secteur du handicap sont sans appel : « nous voulons une rupture par rapport aux pratiques de ces dernières années dans la gestion de la politique du handicap. » a-t-on pu entendre lors du sit-in du GAMP à l’occasion de la rentrée parlementaire du Gouvernement de la Cocof ce vendredi 18 octobre.

A côté des débats parlementaires, les revendications des proches de personnes handicapées et d’institutions actives dans le secteur du handicap étaient très claires : les moyens doivent être mieux distribués, le nombre de places d’accueil en centre de jour (qui est la solution la plus rapide et la plus adaptée) et de soins adaptés doit être augmenté pour correspondre à la demande des citoyens dans le besoin et le Gouvernement doit aussi suivre les projets qu’il soutient. « Avec l’inclusion, on se gargarise de mots » ont fait observer les représentants du GAMP, « le décret est une étape théorique intéressante, mais quelque part au 2e degré par rapport aux misères que les familles vivent tous les jours. » C’est dire si le texte proposé par la Ministre Ecolo convainc peu.

Des revendications légitimes de parents qui se sentent oubliés et trahis par les représentants en charge de la politique de l’aide aux personnes, et ils précisent « nous ne nions pas les besoins des autres mais nous trouvons inacceptable que l’on nous réponde qu’il n’y a pas que nous. Quand le Gouvernement présente sa politique, le handicap est toujours une priorité mais concrètement, sur le terrain, on n’en voit jamais l’effet, cette priorité ne se matérialise pas » témoignent les parents de personnes handicapées, lassés des effets d’annonce de la Ministre qui ne sont pas suivis dans les faits.

Concernant le nouveau texte, les témoignages d’institutions du secteur sont également sans appel, ils dénoncent le piédestal sur lequel le Gouvernement met son décret inclusion, alors qu’il ne révolutionne pas le quotidien des personnes handicapées et de leurs familles. « On fait de l’inclusion depuis 40 ans par un accueil en famille », rappellent les représentants de l’ASBL.

L’Arche, agréée en 2011 seulement. « Le décret semble ré-inventer des choses qui existent depuis longtemps. »

Et de citer une situation financière concrète alarmante : la Cocof dépense 60.000€ par personne pour 10 personnes handicapées. Les 14 personnes suivantes accueillies reçoivent un financement global de 180.000€. Dans ce contexte surréaliste, les institutions n’ont pas le choix : soit elles acceptent plus de monde, mais dans ces conditions financières la menace du dépôt de bilan est une réalité omniprésente. Soit elles doivent limiter leur capacité d’accueil à 10 personnes, ce à quoi il est difficile de se résoudre quand on connaît les besoins de terrain et la détresse de parents, qui ne savent souvent pas où appeler à l’aide. Et de conclure que « Comme on existe, on n’intéresse plus personne ».

Face à ce constat d’échec de la politique d’aide aux personnes handicapées menée par la Ministre Huytebroeck relayé par le secteur du handicap, Marion Lemesre et le Groupe MR comptent déposer des amendements au projet de décret inclusion pour tenter d’en faire un outil plus pragmatique, qui réponde davantage aux besoins de terrain.

 

Comments are closed.