Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Les Aînés sont des acteurs économiques à haut potentiel que la politique du Gouvernement bruxellois ne met pas du tout en avant !

24.10.2014
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La Députée Marion LEMESRE a adressé une interpellation au Ministre en charge de l’Economie et de l’Emploi concernant l’emploi des travailleurs âgés en Région bruxelloise. « Les Aînés ont accumulé une expérience très précieuse sur le marché du travail. Ce sont des acteurs économiques à haut potentiel que la politique du Gouvernement bruxellois ne met pas du tout en avant ! » déplore Marion Lemesre.

Le taux d’emploi de différents groupes-cibles de notre Région fait souvent l’objet de constats plus qu’inquiétants, notamment au regard d’autres pays européens. Si la situation des jeunes est régulièrement relayée par les médias, à l’autre bout du spectre, la question du vieillissement de la population active bruxelloise doit également attirer toute notre attention car elle suppose que se posera, à brève échéance, la problématique du financement de départs (qu’on annonce massifs) hors du marché de l’emploi.

Des mesures de réforme de régime des pensions sont prises, au niveau fédéral, pour l’horizon 2030. Mais il nous faut aussi réagir aux départs immédiats à la retraite : c’est dès aujourd’hui que le nombre de pensionnés serait en train d’exploser (je fais ici référence à un article consacré à l’âge de la pension paru dans l’Echo le 8 octobre dernier).
On médiatise beaucoup les mesures prises visant à augmenter l’offre de travail âgé (suppression des préretraites, accroissement de la durée de cotisation, fin de certaines dispenses,…) mais on n’insiste pas assez sur les barrières du côté de la demande d’emploi âgé (les refus ou réticences à employer ou recruter des personnes âgées : baisse de la productivité, obsolescence des compétences,…).
Il faudra donc mettre en place d’autres mesures, qui peuvent être prises à d’autres niveaux de pouvoir, pour relever significativement le taux d’emploi des personnes âgées. La Commission de réforme des pensions le soulignait encore début octobre dans l’article en question : « les enquêtes montrent que les gens ne sont pas contre l’idée de travailler plus longtemps. Mais à condition de renégocier leurs conditions de travail. » Il y a donc un travail à faire sur la promotion de meilleures opportunités d’emploi pour ce public et là, la Région peut se donner des moyens d’actions car il faut absolument développer, pour la population bruxelloise, une culture efficace de l’anticipation en mettant dès à présent en place, à notre niveau de compétence, des mesures visant à augmenter et à favoriser l’employabilité des seniors.
Comment encourager plus de participation des travailleurs âgés sur le marché du travail ?
Evacuons d’emblée une idée reçue, s’il faut encore le rappeler, selon laquelle la présence des seniors sur le marché de l’emploi irait toujours de pair avec une augmentation du chômage des jeunes, puisque j’évoquais leur situation préoccupante. L’OCDE a mis en avant (données de 2011) par des études comparatives du taux d’emploi des seniors (55-59 ans) et des jeunes (20-24 ans) qu’il n’y avait pas d’effet d’éviction, donc que les deux taux coïncident globalement. En Belgique par exemple, ces deux taux sont assez faibles (soit peu de jeunes et parallèlement peu de seniors en situation d’emploi). Et nous savons tous que ces taux sont en plus à considérer avec prudence, puisqu’il s’agit d’une moyenne des données des 3 Régions, assez différentes, du pays.
Au niveau européen, le rapport « Stratégie Europe 2020 : une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive » rappelle que l’Union européenne fixe à 75% l’objectif de taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans. Ce même rapport pointe aussi par exemple le retard de certains pays européens, dont la Belgique, quant à la faiblesse du taux d’emploi des travailleurs âgés de 55 à 64 ans : il est de 46% en Europe, quand, par comparaison, il atteint 62% aux USA et au Japon. De plus, il faut aussi garder à l’esprit qu’il s’agit de moyennes, de grandes disparités sont observées au sein de l’UE.
Le taux d’emploi des personnes âgées est très bas en Belgique : une comparaison de l’OCDE de données européennes et internationales établie sur les années 2003 et 2013 montre que s’il y a davantage de travailleurs âgés en emploi, les différences observées entre les pays sont significatives. Le taux d’emploi des aînés en Belgique est d’environ 23% (données 2013).

Parmi les bons élèves européens, on retrouve la Suisse (65%), la Norvège (75%) et l’Islande (80%). Les objectifs européens semblent donc manifestement réalisables.
En matière de formation des aînés, Eurostat met en évidence (données 2007) que les pays qui obtiennent le plus haut taux d’emploi des seniors sont aussi les pays dans lesquels on investit le plus dans leur formation. En 2007, la Belgique était pratiquement la lanterne rouge des pays européens en la matière, plusieurs pays nordiques (UK, Suède, Norvège et Danemark) étant à l’opposé. Il y a des actions ciblées à mener ou à intensifier en matière de formation professionnelle et certainement d’information à la formation professionnelle pour ce profil particulier de travailleur.
Enfin, soulignons que des initiatives privées vont déjà à la rencontre de ce public des seniors qui souhaitent travailler. Au niveau communal, les structures d’aide à l’emploi multiplient les rencontres entre offre et demande de travail des seniors, lesquelles peuvent s’envisager sous des formes très variées. La Centrale de l’Emploi de la Ville de Bruxelles a ainsi développé plusieurs initiatives du genre. Je pense notamment à des initiatives de coaching intergénérationnel ou aux agences d’intérim spécialisées dans le public senior. Cela répond à la demande ouverte de certains seniors de rester (ou retourner) sur le marché de l’emploi. Mais cette réponse, positive, reste limitée et peu connue.
En Région bruxelloise, le Ministre en charge de l’économie et de l’emploi avoue lui-même qu’il ne sait pas où il va quant à cette problématique générale de la place des aînés sur le marché de l’emploi.

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