Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

PS/CDH/ECOLO votent contre la proposition MR visant à interdire le port de signes convictionnels par le personnel des hôpitaux publics et des CPAS.

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Le jour-même de la Journée de la Femme, en ce 8 mars 2012, les hasards du calendrier  ont fait inscrire à l’ordre du jour des Commissions réunies Social et Santé de la Commission Communautaire Commune,  les Propositions d’Ordonnance du Groupe MR visant à interdire le port des signes convictionnels par les membres du personnel des centres publics d’action sociale et des associations hospitalières de la Région de Bruxelles-Capitale.

Alors qu’à travers toute l’Europe, de nombreux discours seront prononcés dans une belle unanimité de tribune en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, il y aura , sans doute, peu de débats, ici, pour que les partis de la majorité, torpillent, dans une belle unanimité, une fois encore – comme cela a déjà été fait au Parlement régional bruxellois et cette semaine encore en Communauté française – une chance de donner un cadre légal à ce qui doit garantir le bien vivre ensemble.

Et pourtant l’Histoire n’attend pas.  La responsabilité du Politique est d’agir, de transformer, réformer, sauvegarder …. en fonction d’un monde qui change.  Et, notre Région change, désormais grande Capitale européenne, caractérisée par son pluralisme ethnique, culturel, religieux …  c’est dire que plus qu’ailleurs, les responsables politiques doivent y assurer, l’organisation de ce « bien vivre ensemble».  Et bien vivre ensemble, c’est quoi ?  Se poser cette question, c’est revenir au fondement même de notre rôle politique qui est l’art de bien vivre ensemble dans la Citée (Polis).

Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’une association, une université, un cercle de réflexion nous propose d’analyser pour mieux comprendre la montée du dogmatisme, de l’intégrisme religieux dans le monde comme dans notre Région.  Les faits sont là avec leur lot de «faits d’hivers» provoquant chaque jour, un  peu plus d’incompréhensions et un peu plus de replis identitaires.

A quel moment le Politique doit-il agir et en l’occurrence ici légiférer ?  Pour le MR, le temps est venu de combler le vide législatif – qui laisse la décision aux juges – par une règle commune.

Je regrette que la seule remarque émise par le Conseil d’Etat relatif à «la proportionnalité de la mesure» ait eu pour seul effet de permettre aux partis de la majorité de s’y réfugier comme derrière un paravent,  avec pour conséquence de maintenir le vide légal, au lieu de répondre à cette remarque en  motivant l’interdiction générale, de façon légitime, par la mobilité des agents; ladite mobilité des agents imposant une non différenciation de ceux-ci, qu’ils soient ou non en contact avec le public.

Par le dépôt de ces textes de loi, le MR prend ses responsabilités, il s’agit bien de courage politique lorsque l’on sait la caricature qui en est faite.  En effet, à quelques mois d’un scrutin communal, le vote communautaire est instrumentalisé à outrance par les partis d’une gauche, à cet égard devenue terriblement sectaire et conservatrice, des partis dont  les discours changent en fonction qu’ils soient tenus en Wallonie et plus particulièrement à Verviers pour les élus CdH ou qu’ils se tiennent à  Schaerbeek !

En cette Journée de la femme, donc, alors que certains quartiers, avec la complicité du pouvoir politique, se referment sur les femmes comme des prisons, en ne leur laissant plus aucune chance d’émancipation, ne plus pouvoir, dans une enceinte parlementaire, dans un débat démocratique (le brouhaha et les invectives dont je fais l’objet, en ce moment, en sont la preuve) se retrouver sur le terrain de la laïcité c’est-à-dire sur le terrain de la liberté de croyance et d’incroyance me pose cruellement question et m’inquiète au plus haut point sur le devenir de Bruxelles.

Avoir, à coup de raccourcis électoralistes, à ce point dénaturé le terme même de laïcité, au point de le faire passer pour un combat contre la religion, alors qu’il est un combat pour la tolérance et la liberté, ne me rend pas optimiste.

Et, plus particulièrement aujourd’hui, lorsque l’on sait que la Proposition d’ordonnance déposée par le MR doit garantir la neutralité des agents du service public dans les hôpitaux et dans les centres d’aide sociale c’est-à-dire la neutralité des personnes en contact avec des gens affaiblis par la maladie ou dans des situations de détresse sociale, oui, je suis inquiète;

Parce que comme l’école publique, l’hôpital public devient un terrain de demandes – et souvent de dérives – confessionnelles, le vote d’un tel dispositif légal est nécessaire.

En effet, les témoignages du personnel soignant sont légion qui marquent la limite entre respect des croyances et les impératifs médicaux.

Aussi, un comportement vestimentaire neutre du personnel de ces institutions publiques, répond donc, là, plus qu’ailleurs, à une nécessité de neutralité de réponse à donner aux patients, de plus en plus nombreux, qui  expriment de plus en plus d’exigences liées à leur confession.

Aussi, sans doute pas aujourd’hui, mais  j’espère  demain, qu’enfin  viendra le moment de mieux définir cette politique, d’une façon qui ne l’enfermerait pas dans ses échecs mais dans une meilleure définition de sa réussite.

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