Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Audiovisuel bruxellois : il n’est pas trop tard, mais il est temps !

25.03.2014
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Marion Lemesre - Carol Godefroid - Thierry Dubois(recadrage)

Voilà en l’occurrence la réponse de la Députée libérale Marion Lemesre au cri d’alarme poussé par les professionnels du secteur audiovisuel bruxellois. Pour la Députée MR, il est temps de coordonner et de renforcer les politiques de soutien à ce secteur porteur d’emploi par la création d’un fonds Bruxellimage doté de façon équivalente à celle des autres régions (5 millions €) et la création d’une ligne « entreprise » dédiée à hauteur d’un million.  Marion Lemesre constate : « ce secteur existe et il a besoin d’être soutenu. C’est un de ces créneaux porteurs qui peut devenir un acteur clé du développement industriel et économique de la Région ».

 Il n’est pas excessif de dire que ce combat fait partie des idées fixes de Marion Lemesre. Pour rappel, c’est en 1996, il y a 17 ans, que la Députée libérale avait lancé la première mesure concrète à Bruxelles en faveur du secteur audiovisuel en créant le « Fonds du cinéma de la Ville de Bruxelles ». En 2001, elle déposait une proposition d’ordonnance au Parlement bruxellois visant la création d’un fonds bruxellois du cinéma, détenu à 100% par la Région, à l’instar de Wallimage : « Bruxellimage ». En 2008, le MR organisait, à son l’initiative, un colloque consacré à l’avenir de l’industrie du cinéma à Bruxelles qui donnait largement la parole aux professionnels du secteur. Cette même année, le Gouvernement Picqué répondait enfin par la création d’une ligne mixte « Wallimage/Bruxellimage » avec une dotation d’un million €.

 Vu l’insuffisance du soutien bruxellois, les fonds d’investissements audiovisuels régionaux (Wallimage depuis 2001 et Screen Flanders depuis 2012) ont poussé les entreprises bruxelloises à délocaliser leurs activités (et leurs emplois) vers les deux autres régions du pays. Face à ce constat, aujourd’hui, Marion Lemesre a à nouveau rencontré le secteur qui s’est exprimé par les voix de Carol Godfroid (Studio L’Equipe) et de Thierry Dubois (Union bruxelloise des prestataires du cinéma et de l’audiovisuel) qui ont aussi réaffirmé l’urgence d’une politique forte et d’un financement effectif d’un fonds économique spécifiquement bruxellois.

 Carol Godfroid souligne à cet effet que le jeu de la concurrence entre entreprises est aujourd’hui biaisé par ces aides régionales : « Il ne s’agit plus de concurrence des talents et du savoir-faire des différentes entreprises. Aujourd’hui les producteurs choisissent une des trois régions du pays en fonction de l’importance de l’aide financière qu’elles peuvent accorder. »

 Bien que la Ministre de l’Economie ait annoncé la mise sur pied d’un cluster des industries de la culture piloté par l’ABE, Marion Lemesre insiste sur la nécessité de créer un centre d’entreprises dédié spécifiquement à l’industrie audiovisuelle et cinématographique. Il aurait pour vocation de favoriser le développement des nouvelles entreprises, d’accorder des prêts aux productions et aux co-productions. « Ne faisons pas les choses à moitié mais accordons plutôt des aides substantielles quand elles sont nécessaires. Pour être crédibles et compétitifs, les professionnels du secteur ont besoin d’investir dans des technologies coûteuses. C’est pourquoi un fonds économique réévalué et une ligne de crédit en prêts spécifique doit tenir compte des spécificités du mode de fonctionnement du secteur ; par exemple, la location de ce matériel coûteux devrait être éligible en termes d’investissements ».

 Il existe à Bruxelles un pôle naturel de l’audiovisuel autour de la RTBF, mais il manque de visibilité et de cohérence. Marion Lemesre s’inquiète des projets de démolition du site de la RTBF qui aboutirait à la disparition de studios aussi performants que les fameux studios 5 et 6 et plaide au contraire pour leur revitalisation comme demandé par les professionnels.

 Par ailleurs, « le secteur offre aussi de nombreuses opportunités d’emploi pour un public non qualifié, qui se spécialise sur le terrain » souligne Thierry Dubois. Et on sait qu’une part très importante des Bruxellois répond à ce profil. Il insiste aussi sur la fuite des talents que représente le manque de financement de Bruxellimage « alors qu’on compte de nombreuses formations de grande qualité dans l’audiovisuel en Région bruxelloise ». Monsieur Dubois attire aussi l’attention sur le fait que de nombreuses très petites entreprises sont actives dans le domaine à Bruxelles et qu’elles sont amenées à grandir… là où on le leur permettra, car aucune d’entre elles ne peut se permettre d’avoir une succursale dans les autres régions du pays.

 Même si le budget de 2013 prévoit d’augmenter de 500.000 € le fonds de la ligne mixte, on note le même refinancement du côté de Wallimage, ce qui ne rend donc pas Bruxellimage plus compétitive ou financièrement plus attractive pour les investisseurs. Marion Lemesre interpellera prochainement le Gouvernement en ce sens et a redéposé avec les Députés Philippe Pivin et Jacqueline Rousseau une Proposition d’Ordonnance « relative au développement et au financement du fonds économique régional dédié au secteur audiovisuel bruxellois, Bruxellimage ».

 INTERPELLATION_ Bruxellimage

PROPOSITION ORDONNANCE_Bruxellimage

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