Député MR à Bruxelles
Echevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles (Classes moyennes - Commerce - Emploi - Formation - Stationnement)

Réforme du cadre de l’Inspection pédagogique dans l’enseignement de la Ville de Bruxelles « A force de costumes sur mesure pour services rendus, le PS ajoute au malaise du corps enseignant »

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Pas à pas, la majorité (PS/CDH) – et en particulier l’Echevine socialiste de l’Instruction Publique – continue son œuvre de destruction de la qualité de l’enseignement de la Ville de Bruxelles et de tout ce qui en avait fait l’excellence par le passé.

 

« C’est quoi un P.O., qui, à quinze jours d’intervalle, présente au Conseil communal un rapport justifiant la suppression de la plus haute fonction pédagogique, pour ensuite la maintenir avec une revalorisation barémique ? »  interroge Marion LEMESRE, inquiète de devoir constater combien le malaise qu’exprime aujourd’hui le corps enseignant dans son ensemble est encore plus profond dans l’enseignement de la Ville de Bruxelles,

parce que chaque réforme a eu – et celle proposée aujourd’hui n’y déroge pas – avant tout pour but de faire correspondre la fonction au candidat que vous souhaitiez y placer, on se retrouve aujourd’hui face à un corps pédagogique, enseignant et administratif complètement déboussolé, déhierarchisé et ainsi particulièrement démotivé. Pour rappel, en 2004 : décision de la majorité (PS/CDH/Ecolo) de scinder la fonction pédagogique et la direction générale afin de recruter un DG sans compétences pédagogiques et création d’une Inspection Pédagogique Générale.

En 2005, suppression de l’Inspection maternelle, intégrée dans l’inspection du primaire. En mai 2007 transformation et appel à candidature à l’emploi de Chargé de la mission à la Direction du Département Instruction publique, suivi en juin 2007 de la modification du règlement diminuant les conditions d’accès d’inspection » a rappelé la Chef de Groupe MR, Marion LEMESRE, qui dénonce la gestion chaotique et le manque de vision à la tête de l’enseignement de la ville.  

Intervention en séance du conseil du lundi 30 mai 2011 :

«Monsieur le Bourgmestre, chers collègues,

La nuisance de votre première réforme de la structure administrative de notre Instruction Publique qui plaçait la fonction pédagogique sous la direction administrative et financière n’avait pas échappé au corps professoral et en particulier aux Chefs d’Etablissement, qui avaient osé (une fois n’est pas coutume) manifester leur opposition à ce projet par le dépôt d’une motion et leur présence à la séance publique du Conseil communal (20 décembre 2004); séance au cours de laquelle j’avais relayé leurs inquiétudes légitimes; des inquiétudes qui s’avéraient être cruellement fondées il y a quinze jours selon le rapport inscrit à l’ordre du jour proposant la suppression pure et simple de la fonction d’Inspecteur Général Pédagogique.

Il faut aujourd’hui féliciter et remercier les organisations syndicales pour leur refus catégorique de vous suivre dans cette nouvelle attaque des structures pédagogiques de notre enseignement et qui nous vaut aujourd’hui d’examiner cette nouvelle version avec une Inspection Pédagogique générale maintenue et même renforcée en terme barémique puisqu’elle passe du rang A7 au rang A8, alors que la description de fonction est un « copier-coller » de la décision de 2004 portant création du poste. Pourriez-vous nous expliquer la différence des justifications en termes d’économie à réaliser en supprimant cette fonction il y a 15 jours et l’augmentation barémique présentée aujourd’hui? Idem pour l’Inspection Pédagogique générale de l’enseignement néerlandophone qui, à en croire le rapport d’il y a quinze jour, devait être supprimée car elle n’avait été créée au rang A7 que par parallélisme avec la création du poste francophone en 2004 et qui, aujourd’hui est maintenue et se voit même, toujours par parallélisme, gratifier d’un rang A8.

Pour garder le parallélisme, il conviendra donc d’activer la procédure d’appel immédiatement puisque l’Inspecteur Pédagogique général de l’Enseignement francophone part à la pension à la fin du mois. Or, il me revient, que certaines déclarations ont déjà évoqué « les contraintes du prochain budget ». Cela signifie-t-il qu’il faudra attendre le prochain budget pour lancer l’appel à candidature ?

J’espère que non et nous attendons donc aujourd’hui un engagement clair de votre part quant à la date exacte de la procédure d’appel à candidature et le délai de prise de fonction ! En d’autres mots, nous ne vous permettrons pas de faire semblant et de postposer ce recrutement aux calendes grecques.

Car, l’épine dorsale de l’IP c’est la pédagogie; c’est grâce à elle que les parents de 35.000 élèves et étudiants nous font confiance. L’administration, pour importante qu’elle soit évidemment, est au service de la pédagogie et non l’inverse. Sans pédagogie et sans élèves, pas d’administration. C’est la pédagogie qui doit, par exemple, fixer les priorités budgétaires : ce qui est loin d’être le cas en regard de certaines dépenses.

Pensons aussi à tous les défis qui s’annoncent, tel le passage au type I et la mise en œuvre des nouveaux programmes dans une structure nouvelle pour les enseignants,
le passage au système CPU (certification par unité) c’est-à-dire toute la modularisation de notre enseignement technique (une véritable révolution), pensons aussi aux trois nouvelles directions à désigner à la Haute Ecole Francisco Ferrer… Tout cela va nécessiter une assistance constante de professionnel de la pédagogie et d’une coordination générale afin de conserver au sein de notre enseignement le modèle pédagogique de référence qui en assurait la cohérence et  qualité. C’est dire aussi ô combien il est important que le Directeur Général dont VOUS avez voulu faire un « manager » doit pouvoir s’appuyer sur une inspection forte et compétente et non comme cela semble devenir le cas, privilégier des audits externes par des firmes privées ou payer des contractuels, hors cadre, hors structure hiérarchique, aux fonctions indéfinies. Dois-je vous rappeler la
calamiteuse campagne « Wanted Rocks Star Teacher » que vous avez imputé à cette nouvelle « Directrice administrative des Hautes Ecoles » (une fonction contractuelle créée hors cadre et ayant reçu des fonctions « transversales et de coordination » notamment des Préfets !) ?

Les Chefs d’Etablissement ont besoin d’autonomie mais aussi d’inspecteurs pour les aider dans leur très difficile mission. C’est dire, à quel point, il nous faut défendre à tout prix, quelle que soit la structure, la primauté du pédagogique et le rôle de « serviteur » de celle-ci que doit jouer l’administration.

Dans la refonte du cadre pédagogique (important en termes d’impact budgétaire à charge du budget ville) vous prévoyez :

Deux inspecteurs pour le fondamental : un effectif et un adjoint, c’est un statu quo par rapport à la dernière réforme par laquelle vous aviez supprimé l’Inspection maternelle, niant, ce faisant, toute la spécificité de ce niveau d’enseignement (sauf pour le barème que vous faites passer à A7 pour l’effectif et A6 pour l’adjoint, bien qu’aucun titre académique n’ait été requis au recrutement !)

Deux inspecteurs pour le secondaire : un effectif et un adjoint (A7 et A6)  là, vous prévoyez de recruter un adjoint au grade A6 (on peut se demander si un Chef d’Etablissement qui a un barème supérieur va être intéressé et je ne suis pas sûr qu’un licencié avec une ancienneté suffisante y trouvera son compte même si l’aspect financier n’est pas le seul évidemment). Puisque la fonction effective est actuellement bloquée par une personne promue à «La mission de Direction Générale» comptez-vous
lancer l’appel au recrutement de «l’adjoint» avant «l’effectif»: bonjour la cohérence!

Un inspecteur de promotion sociale et de la lecture publique (statu quo)

Un inspecteur de la santé et des sports, remplaçant l’inspecteur de l’éducation physique avec un barème A7 mais ouvert à un médecin auquel cas le barème serait A8. Donc,si je comprend bien c’est le titre qui justifie le barême et non la fonction. Du jamais vu et à mon sens, un précédent également déstructurant en terme de hiérarchie !

Toutefois, à l’exception de cette modification barémique, sur cette réforme-là, étant donné les enjeux de la santé des jeunes et les impulsions nouvelles et nécessaires à
donner à la pratique sportive mais aussi à l’hygiène de vie et en particulier l’hygiène alimentaire et la lutte contre les assuétudes, le groupe MR peut soutenir votre démarche mais sera particulièrement attentif au recrutement de la personne adéquate pour cette fonction, susceptible de bien couvrir l’ensemble de la mission.

Un inspecteur chargé des pédagogies transversales et des technologies de l’information et de la communication avec une échelle barémique A7 qui prendrait en charge également la direction du Centre de Méthodologie et de Pédagogie Appliquée (CeMPA). Il s’agit d’une nouvelle fonction aux contours peu défini : implique-t-elle de supprimer la fonction de directeur du CeMPA ou en deviendra-t-il le directeur? Cela sent le poste taillé sur mesure… (peut-être pour résoudre le nœud que vous avez créé dans l’inspection secondaire ?)

Enfin, en termes de procédure, nous regrettons aussi que ce projet de réforme, présenté et recalé dans un premier temps par les syndicats n’ait, à aucun moment, dans sa phase préparatoire, fait l’objet d’une concertation avec l’inspection et les chefs d’établissement.

Dans toute cette structure, il est clair que les personnes en poste et qui sont dans des fonctions en extinction seront en « mesures transitoires » et garderont leur statut actuel tant qu’ils ne sont pas pensionnés : l’inspecteur de l’éducation physique, le directeur du CeMPA, cette fonction que vous avez  créée également sur mesure (pour éviter le SELOR) et intitulée « Chargé de la mission de Direction générale » toujours en cours alors qu’un DG a depuis été recruté, toujours occupée mais sans charges définies et bloquant par ricochet le poste d’inspecteur du secondaire…  Sans compter le cafouillage, les errances et frustrations de cette importante période intermédiaire, le coût budgétaire me semble, en tenant compte de cela, largement sous-estimé.

Vous voyez combien à force de découper les pièces du puzzle selon vos propres choix, vous avez  profondément déstructuré et déstabilisé l’ensemble hiérarchisé, cohérent, porteur d’une compétence et d’un idéal qui avait donné ses lettres de noblesse à notre enseignement depuis tant et tant d’années. Vu l’absence de motivation au service d’un renforcement du projet pédagogique de l’enseignement de la Ville de Bruxelles, vu le manque de clarté dans les délais et les procédures d’appel, de recrutement et d’évaluation, le Groupe MR vote contre ce point.

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